le REMEMBREMENT rebat les cartes

 

 

En réaction à un parcellaire fragmenté, mais relevé sur le cadastre napoléonien,  issu d’héritages, de division de biens, d’achats, dispersé sur le territoire communal, relié par des chemins médiocres et étroits, contraignant à de longs parcours depuis la ferme, avec la présence de parcelles enclavées bénéficiant cependant d'un droit de passage chez autrui, et de trop de terrains en écoinçon (= acoinçon), en pointe obligeant à de trop nombreuses manœuvres, laissant le sol tassé à l'extrémité, sur

 

la chaintre = chainte ... le législateur, dés 1941 (sous le régime de Vichy), a encadré le

remembrement foncier.

L’objectif est simple, regrouper les petites parcelles dispersées en de grandes unités de culture, au plus proche de la ferme, accessibles par de bons chemins, et aussi tenter de maîtriser l’eau, l'ensemble, au service d'une agriculture productiviste.

 

Cette opération, au niveau national a provoqué des excès, hydrauliques ( érosion, inondations…) écologiques, paysagers, très réels et justement contestés. D’autres textes seront publiés ultérieurement, pour améliorer, et élargir ces pratiques.

 

Pour information, la loi paysage (08/01/93), le plan Barnier de 94...imposent une étude d'impact pour « limiter l'érosion, ne pas amputer la biodiversité, éviter de créer des paysages abâtardis, banalisés ». » D'un aménagement purement agricole, on glisse  (enfin!) vers un aménagement global de l'espace rural. »

 

Avant le remembrement, les limites de propriété étaient matérialisées sur le terrain par un piquet de bois dur, un arbre, ou le plus souvent par une pierre dépassant à peine du sol. Lors du bornage, en présence des riverains, on plaçait en dessous, une brique, une tuile, pour exprimer une action humaine, et distinguer cette roche de celles que la nature avait pu oublier à proximité. Des bornes de pierre taillées (du granite ?) 10X10X30cm, ont été enterrées, depuis, l'emploi de bornes en plastique jaune et munies d'ancres, domine.

 

A Belleville, un grand fossé collecteur des eaux  a été creusé sur chaque terrasse, des haies ont été arrachées, de beaux arbres abattus, le réseau de chemin simplifié… Les excès évoqués ne semblent pas avoir été commis. Reste le souvenir de joutes verbales homériques et même de références à la sorcellerie, pour refuser un terrain corrompu par un épandage de fumier à terre noire (= trop abondant) !

L'action des bulldozer a aussi mis à jour de belles ammonites au-dessus du hameau du Pâtis, merci !

 

A terme, fortuitement, ce regroupement de parcelles a facilité l'installation de la Centrale et de ses annexes. Dans le Val, l'actuel plan d'eau des Genièvres, creusé pour extraire sable et gravier, occupe les anciennes parcelles agricoles d'un seul propriétaire. Il en est de même, pour les terrains portant aujourd'hui, les nouveaux quartiers, le super-marché et la salle des fêtes. Les transferts de propriété se sont effectués sans heurts, même s'ils ont suscité quelques jalousies.

 

Encore une anecdote, le cabinet de géomètres en charge des travaux employait 2 stagiaires asiatiques, une curiosité, une attraction, les Cambo, habitant disait-on à Gien, logique, pour ces sujets du royaume Kmer, puisqu’ils étaient Cambod' giens !!!

 

 

[Avis de Recherche] Une étude approfondie du territoire reste à effectuer, pour connaître l'utilisation du sol (bois, vergers, vignes, prairies permanentes, terres labourées...) pour mesurer l'influence de la vente des propriétés des religionnaires fugitifs, des nobles émigrés, des biens de l'église, issues de l'exode rural, et de l'urbanisation récente, les pratiques communautaires , les modes de faire valoir (propriétaire exploitant, fermiers, métayers ...) à une époque donnée, avec quelle

évolution, quelles perspectives …