Le Petit Château....          

 

Pourquoi inviter le lecteur à se rendre rue Troussebois, et de poursuivre vers la rue du champ Potot, vers la route de Beaulieu ?

 

Claude Troussebois, en 1494, était le seigneur du Petit Château, et aussi du Vivier de Léré, et encore de la Mothe Sury. De cette époque, peut-être,  à gauche, dissimulée par la végétation récemment implantée, reste une haute demeure de caractère.

 

Côté sud,des bâtiments figurant sur le cadastre napoléonien on disparu. Le pignon Nord-Est, percé par une fenêtre à croisée, visible depuis la route, signe l’influence de l’architecture de la Renaissance ?

 

Vers le nord, rue des Haberts, (dépendant de St Satur dés 1508) une parcelle dite des “ pièces carrées “, pourrait être reliée à cette construction, son nom vient-il de jetons, de monnaies carrées, de parcelles travaillées à la bêche ou à l’araire en passages croisés ou de pièces de terre, inspirées par les jardins de la Renaissance ?

 

Le petit château est alimenté en eau par le ru de la route de Santrange par dérivation, il reste une mare allongée, est-ce là le vestige d’une enceinte fossoyée ?

 

Peu après l’arrivée d’Henri IV sur le trône, et de la publication de l' Edit de Nantes (1598)  les moines de St Satur, trop proches des protestants de Sancerre, vivant dans l’insécurité, abrités sous des appentis, faute de cellules, ont été hébergés au château de Belleville, lequel ? Celui qui par leur présence est devenu Prieuré ou le Petit ?

 

En face de ce bâtiment, à droite, et je vous demande de me croire sur parole, le ru soigneusement calibré, chiche en eau, juste ce qu'il fallait pour éviter aux pommes “Moisson” de se taler en tombant dedans, curieusement bifurque à 90°, pour éviter d'emprunter la rue Caumartin et parcourt un arc de cercle avant de passer sous la route de Beaulieu.

 

 

Il semblait protéger un ensemble de maisons qui tournent le dos à la route, évoquant la basse - cour d’une forteresse primitive. Les appelations la Cour, le Champ de la Maison (forte ?) confortent cette idée.

L'habitat dispersé en villa,  domaines, en manses se regroupe alors.

 

Construire une motte féodale, l'ancêtre des châteaux-forts, dans son principe est simple. En terrain plat, planter un piquet pour marquer le centre d'un cercle qui à l'aide d'un cordeau sera tracé au sol, son diamètre allant de 50 à plus de 100 mètres selon les lieux. Ensuite, à l'extérieur de la ligne, on creuse un fossé circulaire qui respecte le tracé, la terre excavée est accumulée au centre pour constituer une butte, la motte, dépassant rarement une dizaine de mètres de hauteur. Par la suite, une palissade de pieux est implantée à la base du monticule, et un abri fort couronne l'ensemble.

 

De manière concentrique, un 2° mouvement de terre peut doubler la fortification et abriter la basse cour, lieu de vie en temps ordinaire, lieu de refuge en cas de conflit.A Belleville, le ruisseau contribuait à la défense de celle-ci.

Si l'on suit cette logique, le centre était prés de la rue Genevois et non loin de l'antique route de Beaulieu / Léré, un lieu favorable à la création éventuelle d'un poste de péage...

Ce point fortifié, l'était dans un souci à la fois militaire, et économique, et de prestige.

 

 

J'émets l'hypothèse, que le Petit Château actuel, établi en rive gauche du ruisseau est le successeur d'une motte féodale arrasée, oubliée, mais, implantée en rive droite de celui-ci. Il est une sorte de maison de campagne du XV° ou du XVI° siecle. Un tel changement de résidence, sans être courant, n'est pas exceptionnel. Dans les revues archéologiques, deci delà, il en est fait mention........

 

Aujourd'hui, ce ruisseau est entièrement couvert, il s'agit là d'un aménagement contemporain qui aurait gagné une place d'honneur dans l'ancienne émission télévisée “la France défigurée”.

Il est difficile de faire pire, plus laid, plus banal, de mieux gâcher un petit site historique, et aquatique, facile à valoriser à peu de frais. C'est également interdire aux promeneurs, de s'interroger, d'accéder à l'histoire, à la culture, ce qui est encore plus scandaleux.

 

Enfin, rue du Champ Potot vers la route de Beaulieu à gauche, des bâtiments anciens s'élèvent, alors qu’à droite était un vaste espace, longtemps vierge de toute construction, aujourd’hui traversé par la rue Maurice Genevoix et loti. Est-ce le hasard de l’urbanisation ancienne, de la présence d'un rare sol favorable à une culture précieuse, ou est-ce un terrain  dépendant du Petit Château ?

 

 

Est-ce là l’emplacement d’un ancien cimetière correspondant à un usage classique, ou faisant suite à un massacre, ou à une épidémie (peste noire, 1348) puisqu’il est isolé, en marge du village ancien ?

Là au 19ème siècle on y a dégagé un sarcophage, détourné en abreuvoir, les animaux ont refusé d’y boire. Avant qu’ils n' y consentent, il a fallu l’immerger dans l’eau courante pendant plusieurs années.

 

A Maimbré, on connait une zone riche en sarcophages. Lors du remembrement et du creusement d’un fossé, le pelleteur, tout à son chantier, ne s’est pas soucié de ces obstacles inhabituels, les a-t-il seulement remarqués, pour en briser une dizaine.

Chez nos voisins, en l’absence de fouilles encadrées par des professionnels compétents en archéologie funéraire, ils sont attribués à la période mérovingienne…