GAULOIS et ROMAINS s'installent

 

 

Enfin les gaulois sont dans la plaine, c’est l’époque de la tène, de l’âge de fer, vers -450.

En Berry, en rive gauche du coude de la Loire se sédentarise une tribu de ce peuple celte, les bituriges.

 

Experts reconnus dans le travail des métaux, puisque les petits gisements de minerai de fer n'étaient pas rares, que l'étain d'importation traversait le pays, mais aussi charrons, tonneliers, agriculteurs, tisserands…au sein d’un société organisée.

 

César, le romain, l’auteur du « best seller » « la Guerre des Gaules » commente longuement sa très violente rencontre avec ce peuple, le siège de Bourges, la grande ville du territoire et sa victoire (-52).

 

Les romains s’installent pour 5 siècles.

Localement, de cette époque, on connait sur Beaulieu l’importante exploitation du fer au « Puits d’Havenat » et aussi sous Assay, la villa de Gannes, ses dépendances, trop peu fouillées par les archéologues.

N'oublions pas, que en vis à vis, sur la rive droite de la Loire, à Neuvy, les romains se sont établis.

 

Jacques Soyer, historien, signale l’existence de 2 routes romaines entre Orléans et Sancerre .

L’une conforme à l’image que l’on a de ces chaussées est quasi rectiligne,  en fait une ligne brisée née de la réunion de segments de 25 km (une lieue romaine =2415m X 10), passe par Argent, Concressault, Vailly ; l’autre, longe la Loire, par Chatillon, Beaulieu, Léré, St Satur donc nécessairement par Belleville.

Ces routes rayonnent à partir  des capitales régionales et desservent promptement les frontières, dans un souci stratégique. L'ensemble n'a rien à voir avec notre réseau centré sur Paris, dans un souci administratif.

S’agit-il d’une voie de création romaine ou d’une circulation d’origine antérieure,âge de bronze, celtique, restaurée par les romains ?

 

A l’évidence on l’imagine mal dans le val, les pieds dans l’eau mais plutôt là où est le canal aujourd’hui, en limite de la terrasse haute, voire plus haut sur les coteaux, en position dominante, plus sécurisante, avec vue sur le val.

Sur le cadastre napoléonien, de Léré et de Sury (sous Mousseret) on peut lire le nom de chaussée pour désigner des parcelles…

 

En faveur d’une voie aménagée sur les coteaux est le fait que sur place, ou à proximité immédiate on dispose en abondance de silex très dur et aussi de calcaire tendre peu résistant aux chocs, de terre argileuse. Ces deux derniers matériaux sont tout désignés pour lier les silex, par pilonnage.

 

Le plus souvent, ces voies étaient simplement remblayées pour compenser la dégradation de la couche de surface, soit 10 réfections en 400 ans.

Les belles voies romaines dallées comme à Autun ou dans « Astérix » n’étaient pas légion.

 

La toponymie révèle des indices convergeants, le grand chemin,pour la route 751, la rue, la cour, la rue ferrée, la maison rouge (auberge d'étape souvent peinte en rouge, ou construite en briques, couverte de tuiles rouges).

Ajoutons la désignation d'autres lieux, à Belleville le hameau des “Germains”, à Sury, la rue de “Bretagne”, des noms qui pourraient provenir de ceux des camps de légion, des colonies agricoles et militaires de barbares à la solde de l'Empire, ici des gens d'outre Rhin, là des gens de l'Ouest, des “Brittani”. Ces cantonnements participaient à la sécurisation des routes.

Souhaitons le lancement de sondages, de fouilles archéologiques encadrés.

 

 

               BELLEVILLE et le damier de la CENTURIATION ???

 

 

L'histoire nous enseigne qu'au temps de la Rome Antique, lorsqu'un soldat, un centurion, devenu vétéran, en avait terminé avec l'armée,  il se voyait attribuer une centuriation. Cela désigne un terrain agricole à mettre en valeur, situé dans les territoires conquis, pour y conforter la présence romaine, produire, vendre, et payer des impôts !

 

Auparavant, les géomètres avaient oeuvré. Ils avaient matérialisé sur le terrain un premier axe N-S (= cardine) puis un second E-O (= décumani). A  partir de ces 2 lignes, ils élevaient des perpendiculaires et des parallèles pour délimiter des centuries carrées ou rectangulaires, dont la mesure de base (=actus) est de 120 pieds, soit 35,5 m. Ainsi le territoire se trouvait quadrillé géométriquement, borné, souvent en zones de 20 X 20 actus= 704 à 710m, environ 50 hectares .Les chemins, longés de fossés, n'étaient pas oubliés.

 

A Belleville, j'observe la présence d'un axe quasi-rectiligne, orienté à 30° vers le N-O  la route Beaulieu/Léré. Depuis celle-ci, des voies perpendiculaires, partent, et franchissent le canal latéral à la Loire ouvert en 1838, par les ponts de Chaumières = Chenevières, du Bourg, de la Rue. Rectilignes, elles s'enfoncent dans le val , zone régulièrement inondée, jusqu'au moment où elles s'approchent de la Loire d'alors.

C'est la cas entre le Bourg et la Maison de Loire, ancienne  ferme de la Petite Glas dominant le Riau.

 

A partir de ces voies pénétrantes, le cadastre de 1810 montre des parcelles aux limites perpendiculaires à ces chemins et plus prés du fleuve, des parcelles peu ordonnées,

peut être nées d'une conquête plus tardive, quand le flot majeur de la Loire s'est rapproché de la rive droite, de Neuvy.

Ces circulations se prolongent aussi vers les coteaux, c'est particulièrement évident depuis le pont de la Rue vers le hameau des Germains. C'est vérifiable, entre le pont du Bourg et le hameau des Perdreaux.

 

Question : la disposition de ces chemins et parcelles est-elle la trace d'une centuriation qui pendant 2000 ans aurait marqué le territoire ?

 

J'ai pris contact avec Armelle Querrien, archéologue au CNRS, qui elle même a sollicité l'avis de sa collègue Christina Gandini, ensemble elles ont travaillé sur le Berry. Donc à distance, à travers la documentation à laquelle elle avait accès, elle m'a  incité à la prudence, en « l'absence de recherches récentes et poussées » Il est vrai qu'au moyen-âge, en certains lieux, il a été procédé à une délimitation géométrique des parcelles.

Gérard Chouquer, antiquisant, à propos d'un autre site, écrit «  c'est, au mieux l'habillage contemporain qu'a pu prendre avec le temps, une lointaine centuriation romaine » !

 

[Avis de Recherches] étudiant suivi par un docte mentor, pour confirmer ou infirmer mon hypothèse.................

 

 

Une certitude, les romains nous ont laissé leur langue et ont importé les châtaigniers.

Si Bourges était devenue capitale de la France, notre berrichon en serait la langue officielle. Il est resté une langue provinciale évoluant en vase clos. Que ce soit par le vocabulaire ou les tournures de phrases, les lexicologues trouvent sa trace chez Rabelais, Villon, Guillaume de Lorris…

   

 

Enfin, et ce n'est pas le moindre, le nom du village vient de Bella Villa. Le sens du mot Villa reste stable dans le temps. Il désigne une construction souvent maçonnée, à usage résidentiel, avec à proximité une exploitation agricole. Par contre, si Bella en latin classique signifie beau, esthétique, en bas latin le sens du mot évolue. Il devient synonyme de bien tenu, prospère, florissant...Mais cela n'indique pas l'emplacement de ce domaine. Je propose une hypothèse dans la suite du texte....