PREHISTOIRE...... premières visites par des groupes humains...

Le soleil, au terme de sa course quotidienne, décline avant de disparaître, laissant alors place à l'obscurité et au froid. Il a toujours fasciné les hommes, les a guidés vers l'ouest du continent, les a amenés à traverser notre région.

D'abord des chasseurs-cueilleurs, nomades, suivis par des cultivateurs qui se sédentariseront . Selon une récente étude de l'université allemande de Mainz, ces deux groupes ont coexisté de -7000 à -5000.

Le territoire de Belleville a nécessairement été parcouru par ces groupes humains. Certains ont résidé tout près, en limite de commune.

Un ruisseau d’eau claire, courante, une flore et une faune aquatiques, du gibier qui vient s’abreuver, du bois, du silex, du grès…C’est ce qu’offrait la Venelle = l'Avenelle, une rivière de Santranges. Nos ancêtres du paléolithique, puis du néolithique n’ont pas résisté à l’attrait des lieux.

Distraits, ils ont perdu des outils de pierre taillée, des haches de pierre polie. On les a retrouvés ainsi qu’un polissoir, et un gros bloc de grés isolé.

A Belleville, faute de rivière avenante, on ne signale pas de telles trouvailles.

Pour information, l'une de ces haches est en dolérite, la roche la plus dure aprés le diamant, originaire de Plussulien, prés de St Brieuc, dans les Côtes d'Armor. Là en 1964, un extraordinaire atelier d'extraction et de façonnage d'un Km2 a été découvert.

De -4200 et pendant 1500 ans, plusieurs millions de haches ont été fabriquées en ce lieu, exportées dans tout le Massif Armoricain, le Nord-Ouest de la France, jusqu'en vallée du Rhône et en Angleterre !!!

L'exploitation du silex, en Touraine, autour du Grand-Pressigny, aboutissait aussi à une diffusion lointaine.

Concernant la préhistoire, on ne peut pas faire l'économie d'évoquer la civilisation des mégalithes.

Certes, celle-ci est surtout connue en Bretagne par la densité des pierres, mais la région centre n'en n'est pas dépourvue.

Chez nous, à la limite de 4 communes, Belleville, Sury-prés-Léré, Savigny, Santranges, se situe le hameau de « la Grande Borne ».

La science des noms de lieux, la toponymie, révèle que les endroits ainsi nommés, le sont par la présence d'une grosse pierre, adorée par les hommes dés -5000, puis utilisée pendant la période historique comme point de départ pour établir les limites de propriétés, de zones d'influence, chez nous, de 4 paroisses devenues communes.

Cette dévotion païenne a laissé les romains de marbre, puisque eux même adoraient plusieurs divinités, par contre elle a gêné lors de l'évangélisation qui ne connaît qu'un seul dieu.

Deux solutions au moins s’offraient aux prêcheurs catholiques pour réagir à la concurrence, soit détruire la roche et en disperser les fragments, soit la christianiser en la gravant ou en la surmontant d’une croix. Dés lors, si une cérémonie avait lieu, c’était sous le regard de Dieu !

Plusieurs synodes, et des conciles, dés 418, puis en Arles en 452, à Tours en 567, et Charlemagne en 789, recommandent «  d'arracher de leurs fondations les pierres, vénérées dans les forêts et les lieux ruinés, dédiées aux démons » Si l'évêque du territoire concerné n'intervient pas, il sera puni de sacrilège !

Aujourd'hui, dans ce hameau, pas de roche imposante, par contre on peut observer deux réalisations humaines.

La plus ancienne, une borne de grès ferrugineux (95X45X32 cm), ressemblant aux bassies du village, porte en façade des informations gravées. Un S et un E, les initiales de la cathédrale Saint Etienne de Bourges, encadrent une croix à 2 barres horizontales, dite archiépiscopale, c'est à dire, réservée aux archevêques.

Dans un article, le journaliste Fernand Foucher précise que « ces bornes marquent le partage au XII° siècle, des droits entre le chapitre de Saint Étienne de Bourges et les comtes de Sancerre ». Ce sont les chartes de Santranges et de Beaulieu, accordées en 1178 par le Comte de Sancerre, aux chanoines de Bourges, promus seigneurs directs de ces 2 localités.

A Beaulieu, des bornes similaires ont été repérées avant de disparaître, par exemple lors du remembrement...

La documentation consultée n'explique pas la raison de ce renoncement à des droits.

Pour information, cette forme de croix à 2 traverses « figurait dans la symbolique des ducs d'Anjou, devenus ducs de Lorraine à partir de 1431 » Elle fut adoptée comme symbole de la France Libre en 1940...La croix à 3 barres est réservée aux Papes.

La plus récente, une sorte de calvaire de pierre blanche, creusé d'une niche, portant la marque d'un point géodésique a été érigée en 1874, par Sylvain Jourdain.

Il m'est impossible d'imaginer que le petit bloc de grès, juste équarri, soit à l'origine du nom du hameau. Je préfère penser que, pragmatiques, les borniers et arpenteurs de l'archevêque ont utilisé un lieu déjà reconnu, et, voire, un fragment de la roche païenne.

A noter que dans le «  Bulletin des Amis de Beaulieu » n° 24 de 2009, il est question de biens curieuses manifestations, dans la plaine de Rosoi, située à moins de 3 km, alors partiellement sur Belleville. Etait-ce une survivance du paganisme ?

La recherche d'informations offre de très belles rencontres, ainsi celle avec la « route de l'étain »

De – 2000 à – 700, en Europe occidentale, c'est la période nommée âge de bronze. Avant les romains, la civilisation grecque, prise dans son ensemble, fut une grande consommatrice de cet alliage issu d'un ajout de 10% d'étain au cuivre.

En zone méditerranéenne, le minerai de cuivre n'est pas rare. Par contre, hormis une petite production en Espagne, en Anatolie et des gisements en Europe centrale, peu accessibles, pas d'étain.

Donc par contacts, échanges entre tribus et peuplades, ce sont finalement les habitants de la pointe ouest de l'actuel Royaume Uni, la Cornouailles qui devinrent les premiers fournisseurs. Les bretons du Morbihan et de la Loire Atlantique, ont également exploité leurs gisements.

Ces « anglais » maîtrisaient la métallurgie, pour extraire par chauffage le métal étain de son minerai, le couler en lingots, souvent de petite taille, celle d'un livre de poche, ou de celle d'une galette épaisse. Un musée d'Arles en présente quelques uns.

En ce mois d'août 2015, au large de Roscoff (Finistère) l'épave d'un navire romain a été fouillée et a livré des lingots d'un poids compris entre 500g et 34 kg, des « saumons ». Donc, l'échange maritime a perduré entre le II° et le IV°après JC.

Par la mer, des bateaux ont contourné l'Espagne, les plus nombreux reliaient directement la Cornouailles aux estuaires de nos grands fleuves, Seine, Garonne et surtout Loire. Grâce à des animaux bâtés, ils remontaient la vallée. Curieusement, dans les textes consultés, il n'est fait mention d'aucun type d'embarcation.

Arrivés vers Roanne, territoire des Ségusiaves, ils quittaient la vallée, poursuivaient par l'actuelle ville de Tarare, vers le Rhône, qu'ils descendaient, puis en suivant la côte rejoignaient Marseille, le port d'embarquement vers la Grèce.

Cette route de l'étain pourrait être à l'origine de la voie celtique puis romaine qui traverse le bourg.

Et ne me dîtes pas qu'ils passaient par Neuvy … !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PREHISTOIRE...... premières visites par des groupes humains...

 

 

 

 

 

Le soleil, au terme de sa course quotidienne, décline avant de disparaître, laissant alors place à l'obscurité et au froid. Il a toujours fasciné les hommes, les a guidés vers l'ouest du continent, les a amenés à traverser notre région.

 

D'abord des chasseurs-cueilleurs, nomades, suivis par des cultivateurs qui se sédentariseront . Selon une récente étude de l'université allemande de Mainz, ces deux groupes ont coexisté de -7000 à -5000.

 

 

 

Le territoire de Belleville a nécessairement été parcouru par ces groupes humains. Certains ont résidé tout près, en limite de commune.

 

Un ruisseau d’eau claire, courante, une flore et une faune aquatiques, du gibier qui vient s’abreuver, du bois, du silex, du grès…C’est ce qu’offrait la Venelle = l'Avenelle, une rivière de Santranges. Nos ancêtres du paléolithique, puis du néolithique n’ont pas résisté à l’attrait des lieux.

 

Distraits, ils ont perdu des outils de pierre taillée, des haches de pierre polie. On les a retrouvés ainsi qu’un polissoir, et un gros bloc de grés isolé.

 

A Belleville, faute de rivière avenante, on ne signale pas de telles trouvailles.

 

 

 

Pour information, l'une de ces haches est en dolérite, la roche la plus dure aprés le diamant, originaire de Plussulien, prés de St Brieuc, dans les Côtes d'Armor. Là en 1964, un extraordinaire atelier d'extraction et de façonnage d'un Km2 a été découvert.

 

De -4200 et pendant 1500 ans, plusieurs millions de haches ont été fabriquées en ce lieu, exportées dans tout le Massif Armoricain, le Nord-Ouest de la France, jusqu'en vallée du Rhône et en Angleterre !!!

 

L'exploitation du silex, en Touraine, autour du Grand-Pressigny, aboutissait aussi à une diffusion lointaine.

 

 

 

Concernant la préhistoire, on ne peut pas faire l'économie d'évoquer la civilisation des mégalithes.

 

Certes, celle-ci est surtout connue en Bretagne par la densité des pierres, mais la région centre n'en n'est pas dépourvue.

 

Chez nous, à la limite de 4 communes, Belleville, Sury-prés-Léré, Savigny, Santranges, se situe le hameau de « la Grande Borne ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La science des noms de lieux, la toponymie, révèle que les endroits ainsi nommés, le sont par la présence d'une grosse pierre, adorée par les hommes dés -5000, puis utilisée pendant la période historique comme point de départ pour établir les limites de propriétés, de zones d'influence, chez nous, de 4 paroisses devenues communes.

 

 

 

Cette dévotion païenne a laissé les romains de marbre, puisque eux même adoraient plusieurs divinités, par contre elle a gêné lors de l'évangélisation qui ne connaît qu'un seul dieu.

 

 

 

Deux solutions au moins s’offraient aux prêcheurs catholiques pour réagir à la concurrence, soit détruire la roche et en disperser les fragments, soit la christianiser en la gravant ou en la surmontant d’une croix. Dés lors, si une cérémonie avait lieu, c’était sous le regard de Dieu !

 

Plusieurs synodes, et des conciles, dés 418, puis en Arles en 452, à Tours en 567, et Charlemagne en 789, recommandent «  d'arracher de leurs fondations les pierres, vénérées dans les forêts et les lieux ruinés, dédiées aux démons » Si l'évêque du territoire concerné n'intervient pas, il sera puni de sacrilège !

 

 

 

Aujourd'hui, dans ce hameau, pas de roche imposante, par contre on peut observer deux réalisations humaines.

 

La plus ancienne, une borne de grès ferrugineux (95X45X32 cm), ressemblant aux bassies du village, porte en façade des informations gravées. Un S et un E, les initiales de la cathédrale Saint Etienne de Bourges, encadrent une croix à 2 barres horizontales, dite archiépiscopale, c'est à dire, réservée aux archevêques.

 

Dans un article, le journaliste Fernand Foucher précise que « ces bornes marquent le partage au XII° siècle, des droits entre le chapitre de Saint Étienne de Bourges et les comtes de Sancerre ». Ce sont les chartes de Santranges et de Beaulieu, accordées en 1178 par le Comte de Sancerre, aux chanoines de Bourges, promus seigneurs directs de ces 2 localités.

 

A Beaulieu, des bornes similaires ont été repérées avant de disparaître, par exemple lors du remembrement...

 

La documentation consultée n'explique pas la raison de ce renoncement à des droits.

 

 

 

Pour information, cette forme de croix à 2 traverses « figurait dans la symbolique des ducs d'Anjou, devenus ducs de Lorraine à partir de 1431 » Elle fut adoptée comme symbole de la France Libre en 1940...La croix à 3 barres est réservée aux Papes.

 

 

 

La plus récente, une sorte de calvaire de pierre blanche, creusé d'une niche, portant la marque d'un point géodésique a été érigée en 1874, par Sylvain Jourdain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il m'est impossible d'imaginer que le petit bloc de grès, juste équarri, soit à l'origine du nom du hameau. Je préfère penser que, pragmatiques, les borniers et arpenteurs de l'archevêque ont utilisé un lieu déjà reconnu, et, voire, un fragment de la roche païenne.

 

A noter que dans le «  Bulletin des Amis de Beaulieu » n° 24 de 2009, il est question de biens curieuses manifestations, dans la plaine de Rosoi, située à moins de 3 km, alors partiellement sur Belleville. Etait-ce une survivance du paganisme ?

 

 

 

La recherche d'informations offre de très belles rencontres, ainsi celle avec la « route de l'étain »

 

De – 2000 à – 700, en Europe occidentale, c'est la période nommée âge de bronze. Avant les romains, la civilisation grecque, prise dans son ensemble, fut une grande consommatrice de cet alliage issu d'un ajout de 10% d'étain au cuivre.

 

En zone méditerranéenne, le minerai de cuivre n'est pas rare. Par contre, hormis une petite production en Espagne, en Anatolie et des gisements en Europe centrale, peu accessibles, pas d'étain.

 

Donc par contacts, échanges entre tribus et peuplades, ce sont finalement les habitants de la pointe ouest de l'actuel Royaume Uni, la Cornouailles qui devinrent les premiers fournisseurs. Les bretons du Morbihan et de la Loire Atlantique, ont également exploité leurs gisements.

 

 

 

Ces « anglais » maîtrisaient la métallurgie, pour extraire par chauffage le métal étain de son minerai, le couler en lingots, souvent de petite taille, celle d'un livre de poche, ou de celle d'une galette épaisse. Un musée d'Arles en présente quelques uns.

 

En ce mois d'août 2015, au large de Roscoff (Finistère) l'épave d'un navire romain a été fouillée et a livré des lingots d'un poids compris entre 500g et 34 kg, des « saumons ». Donc, l'échange maritime a perduré entre le II° et le IV°après JC.

 

Par la mer, des bateaux ont contourné l'Espagne, les plus nombreux reliaient directement la Cornouailles aux estuaires de nos grands fleuves, Seine, Garonne et surtout Loire. Grâce à des animaux bâtés, ils remontaient la vallée. Curieusement, dans les textes consultés, il n'est fait mention d'aucun type d'embarcation.

 

 

 

Arrivés vers Roanne, territoire des Ségusiaves, ils quittaient la vallée, poursuivaient par l'actuelle ville de Tarare, vers le Rhône, qu'ils descendaient, puis en suivant la côte rejoignaient Marseille, le port d'embarquement vers la Grèce.

 

Cette route de l'étain pourrait être à l'origine de la voie celtique puis romaine qui traverse le bourg.

 

Et ne me dîtes pas qu'ils passaient par Neuvy … !