PARCOURS de DÉCOUVERTE

 

 

Sachant que le territoire de la commune de Belleville, tel un long tapis, se déroule et cascade depuis l'Est du “ Pays Fort “ jusqu'au mitan de la Loire, laissons nous guider par le relief.

 

*Départ depuis les Carrés, altitude 184 m, en limite du Loiret, le hameau regroupe quelques maisons. Quant à l’origine du nom, bien des hypothèses sont envisageables :

- Le patronyme d’une famille implantée autrefois, les Carré et Carreau ne sont pas rares.

- Le hameau est situé à un carrefour = carroir, quasi perpendiculaire ; une croix, un crucifix, un calvaire ont-ils été implantés là ? Une borne y figure sur le cadastre de 1810.

- S’agit-il du carreau d’un marché en ce lieu isolé ? très peu probable.

- Est-ce une référence aux motifs géométriques et colorés de la braie des gaulois bituriges ou de celle du tartan des écossais alliés aux français lors de la guerre de cent ans, les Stuarts ?

- Est-ce pour évoquer la quartelée = quarterée, l’unité de surface ensemencée avec un quarte de blé, soit environ 25 ares = 2500 m2 ?

- Autre proposition ?

 

Nous quittons le « Pays Fort” ainsi nommé grâce à son bocage fertile,implanté sur des terres lourdes, nées d'une argile à silex, très différent du pays faible, la Sologne voisine, traditionnelle, historique, “ terroir maigre et infertile, humide en hiver, trop sec en été.....vaste désert de landes, de bruyères, fougères et genêts...”

 

Là, le bocage à larges mailles décline, à partir de la chaussée, bas côtés herbus, fossés, haies = bouchures = bouchetures, arborées, avec entre autres des fruitiers souvent greffés.

La profondeur de vue limitée engendre un ressenti, soit sécurisant, soit étouffant voire inquiétant, effrayant même. C’est le terrain favori des birettes, des louves-garous, une sorte de fantôme. Elles sortent surtout la nuit, par pleine lune ou par temps de brouillard, c'est vérifiable par ceux qui ont une disposition d’esprit particulière, à moins qu’il ne s’agisse d’un paganisme contemporain, d'un prétexte pour organiser une chasse au dahu !

 

En levant les yeux, la luminosité du sillon ligérien est souvent au rendez-vous grâce à une lumière « fine, voilée, que ne relève aucune ombre forte, aucun contraste » (René Bazin).

Aujourd’hui, la fumerolle, le nuage de vapeur d’eau issu des tours de refroidissement de la centrale, ponctue la vision et entraîne le regard vers les lointains.

* La descente du coteau par la route départementale n°82, grâce à un dénivelé de 37 m, pour environ 2 km est grisante surtout à bicyclette. Elle invite à l’évasion. Hormis une verrue hollywoodienne à droite et la très discrète maison de « 6 sous » à gauche, nulle construction ne distrait le regard.

Seulement des genêts spontanés et une végétation implantée, châtaigniers, vignes abandonnées alors qu’elles sont en situation favorable, sur le coteau, hors des trous à gel printanier, en zone ventée contrariante pour les maladies cryptogamiques (champignons), exposées au soleil et plantées en sols profonds, draînés

Attention si vous mettez pied à terre, vous êtes en territoire vipérin. Qu'elles soient grises ou rouges, les espics = vipères aspics, sont chez elles.

* Le bas de pente permet la rencontre avec nos concitoyens par le bâti, d’anciennes fermes du hameau de Dordon, le bas de la rue des Mardelles, des chemins vicinaux élargis pour desservir les hameaux de la Garenne ou du Vivier, récemment et heureusement accrus pour éviter le mitage du paysage, enfin, le prieuré dit grand château.

 C’est là une zone de contact entre 2 terroirs, 2 groupes de potentialités, utilisés par les agriculteurs, les coteaux et la terrasse fluviale haute, née de Loire, favorisant des activités agro-pastorales diversifiées. Quand les haies bocagères sont encore présentes, elles encadrent de vastes mailles.

 *Passé le carrefour chemin du Prieuré X rue du vivier = de l'arabe, bien que la pente soit faible, cette route semble être née du ravinement du petit ru qui dans les années 60 accueillait des alemines = épinochettes.

Désormais, il est enfermé dans un sarcophage de béton, navrant.

Chemin muletier pour animaux bâtés puis élargi, empierré, goudronné, il relie le bourg au complexe sportif et rejoint Santranges.

 *Avant les immeubles, franchissons un ponceau, le ru coule à gauche vers des jardins potagers et le petit château. Par la droite, il reçoit au printemps les eaux de ruissellement depuis le Pâtis, les Coutures. Une prairie au modelé semblable à celui des sables du lit de la Loire, drainée depuis le remembrement par un profond fossé, a été convertie en bassins tampons destinés à contrôler l'écoulement des eaux en excés. Les impressionnantes couleuvres qui s’offraient au soleil sur les berges de la grande mare, aujourd'hui comblée, et couverte d' immeubles, ont peut-être rejoint un biotope plus accueillant !

*En montant insensiblement, arrivée au carrefour des rues de Beaumont et du Berry, où à gauche, trônait un puits public, détruit, navrant, poursuivons à travers le Bourg, laissons l’église actuelle paralèlle à la rue, sur son très modeste tertre, franchissons le pont du canal dit du Bourg.

 *Plongée dans le val : derrière nous la terrasse haute où le village est majoritairement implanté, devant nous, le val, en direction du pont de Loire Belleville-Neuvy.

Deuxième zone de contact entre 2 terroirs, les 2 terrasses fluviales nées du fleuve.

Observons le niveau des crues gravé sur l’encadrement de la porte de feu Estelle Terrier, franchissons le deuxième grand fossé collecteur des eaux, lui aussi creusé lors du remembrement.

 *Arrivée à la Maison de Loire, ancienne ferme de la  Petite Glas , c’était la limite historique de la commune quand le courant principal de la Loire coulait là, non loin des bâtiments, avant la crue de 1707, avant la conquête, pacifique, de l’île de la ferme de la  Grande Glas  et des iles Ganglin, pour quelques années encore sous l’actuelle Centrale !

 *Refusons le grand pont sur la Loire pour suivre, sur sa rive droite, le riau = rivière de Balance (nom issu d'une légende localisée à sa source, la Fontaine de Balance), près de l’étang des Grèves dont la berge nord est déjà dans le Loiret . Plus loin, avant la zone d’extraction de granulats sur la commune de Beaulieu, remarquons en limite du lieu dit ile Régnard, la haie d’aubépine, trés dégradée, et près du fleuve un beau chêne.

C’est le port campagnard des Bellevillois vers Neuvy, pas de quai ni de capitainerie, mais il a été fréquenté, nous le verrons.

A suivre...