Belleville sur Loire en Haut-Berry

20 mai 2016

CONCLUSION

CONCLUSION

 

 

Mon caractère m’incline à voir, puis à observer, à chercher à comprendre, enfin à tenter d’expliquer tout en partageant.

Concernant Belleville sur Loire, il apparaît que le territoire de notre village a été très anciennement visité par les hommes.

Le relief local plateau, coteaux, terrasses nées de la Loire et le fleuve lui même ont dicté l’occupation par les hommes. De la rencontre des 2 acteurs est né le paysage des années 1960, façonné par les activités humaines.

Depuis, la centrale domine le val, la surface agricole et le nombre de ses servants ont fortement régressé, les zones habitées se sont accrues.

D’un milieu rural agricole, on est passé à un milieu rural résidentiel, hors la centrale à l’activité rayonnante.

 

En dépit de mes recherches, des interrogations restent sans réponses claires, fiables, les [ Avis de Recherche] ne jalonnent pas le texte pour occuper l’espace papier !

Certaines réponses peuvent être apportées localement par exploration des souvenirs des rares anciens, des archives municipales….

D’autres, je pense à la présence romaine, aux 2 châteaux, à l’église, demandent à fréquenter les bibliothèques laïques et catholiques de Bourges, voire celle d’Orléans.

Pour cela il faut résider sur place, ce qui n’est pas mon cas, place à vous BERRICHONS de souche ou d’adoption……

 

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26 mars 2016

le REMEMBREMENT rebat les cartes

                                         le REMEMBREMENT rebat les cartes

 

 

En réaction à un parcellaire fragmenté, mais relevé sur le cadastre napoléonien,  issu d’héritages, de division de biens, d’achats, dispersé sur le territoire communal, relié par des chemins médiocres et étroits, contraignant à de longs parcours depuis la ferme, avec la présence de parcelles enclavées bénéficiant cependant d'un droit de passage chez autrui, et de trop de terrains en écoinçon (= acoinçon), en pointe obligeant à de trop nombreuses manœuvres, laissant le sol tassé à l'extrémité, sur

 

la chaintre = chainte ... le législateur, dés 1941 (sous le régime de Vichy), a encadré le

remembrement foncier.

L’objectif est simple, regrouper les petites parcelles dispersées en de grandes unités de culture, au plus proche de la ferme, accessibles par de bons chemins, et aussi tenter de maîtriser l’eau, l'ensemble, au service d'une agriculture productiviste.

 

Cette opération, au niveau national a provoqué des excès, hydrauliques ( érosion, inondations…) écologiques, paysagers, très réels et justement contestés. D’autres textes seront publiés ultérieurement, pour améliorer, et élargir ces pratiques.

 

Pour information, la loi paysage (08/01/93), le plan Barnier de 94...imposent une étude d'impact pour « limiter l'érosion, ne pas amputer la biodiversité, éviter de créer des paysages abâtardis, banalisés ». » D'un aménagement purement agricole, on glisse  (enfin!) vers un aménagement global de l'espace rural. »

 

Avant le remembrement, les limites de propriété étaient matérialisées sur le terrain par un piquet de bois dur, un arbre, ou le plus souvent par une pierre dépassant à peine du sol. Lors du bornage, en présence des riverains, on plaçait en dessous, une brique, une tuile, pour exprimer une action humaine, et distinguer cette roche de celles que la nature avait pu oublier à proximité. Des bornes de pierre taillées (du granite ?) 10X10X30cm, ont été enterrées, depuis, l'emploi de bornes en plastique jaune et munies d'ancres, domine.

 

A Belleville, un grand fossé collecteur des eaux  a été creusé sur chaque terrasse, des haies ont été arrachées, de beaux arbres abattus, le réseau de chemin simplifié… Les excès évoqués ne semblent pas avoir été commis. Reste le souvenir de joutes verbales homériques et même de références à la sorcellerie, pour refuser un terrain corrompu par un épandage de fumier à terre noire (= trop abondant) !

L'action des bulldozer a aussi mis à jour de belles ammonites au-dessus du hameau du Pâtis, merci !

 

A terme, fortuitement, ce regroupement de parcelles a facilité l'installation de la Centrale et de ses annexes. Dans le Val, l'actuel plan d'eau des Genièvres, creusé pour extraire sable et gravier, occupe les anciennes parcelles agricoles d'un seul propriétaire. Il en est de même, pour les terrains portant aujourd'hui, les nouveaux quartiers, le super-marché et la salle des fêtes. Les transferts de propriété se sont effectués sans heurts, même s'ils ont suscité quelques jalousies.

 

Encore une anecdote, le cabinet de géomètres en charge des travaux employait 2 stagiaires asiatiques, une curiosité, une attraction, les Cambo, habitant disait-on à Gien, logique, pour ces sujets du royaume Kmer, puisqu’ils étaient Cambod' giens !!!

 

 

[Avis de Recherche] Une étude approfondie du territoire reste à effectuer, pour connaître l'utilisation du sol (bois, vergers, vignes, prairies permanentes, terres labourées...) pour mesurer l'influence de la vente des propriétés des religionnaires fugitifs, des nobles émigrés, des biens de l'église, issues de l'exode rural, et de l'urbanisation récente, les pratiques communautaires , les modes de faire valoir (propriétaire exploitant, fermiers, métayers ...) à une époque donnée, avec quelle

évolution, quelles perspectives …

 

 

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19 mars 2016

MODERNITES du XX° SIECLE, avancées vers notre époque

               MODERNITES du XX° SIECLE, avancées vers notre époque

 

 

 

A son rythme, Belleville  a accédé à la modernité, électrification, téléphone, eau au robinet, et a subi le passage du mur du son.

Concernant l'électricité, le témoignage des soldats de 14-18, prisonniers et travaillant dans des fermes allemandes a joué, “ il y avait la lumière dans les écuries et les guerniers (= greniers) “

 

Peu éloigné d’Avors, la base aérienne de Bourges, le village survolé par des avions en recherche de vitesse subissait le terrible « Bang ».

Celui-ci était accusé de bien des avatars, faire tourner le lait, provoquer la mort des lapereaux tués par les lapines, fuite des bestiaux hors de leurs enclos, chiens hurlant à la mort, et même grossesses interrompues ou non-désirées !

Suite à la déposition de plaintes, les gendarmes auraient répondu, relevez le numéro de l’avion ! Il est vrai qu'ils étaient immatriculés.

 

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11 mars 2016

la CENTRALE ENTRE en DIVERGENCE

                       la CENTRALE entre en divergence...

 

 

 

La décision d’implanter un centre nucléaire de production d’électricité dans le val, sur la ferme de la Grande Glas, relève d’un très officiel programme national.

 

Sur la faille de Sancerre, ou presque, que j’espère stabilisée avec le temps, ce que contestait le volcanologue Haroun Tazieff, peut-être avec raison, puisqu'un  séisme de magnitude 4 a été perçu à Châtillon sur Loire, le 25 septembre 2013, à 12 km.

 

 

 

Sur cette zone inondable, mais  isolée par une ceinture de digues, établie sur une vaste propriété de la Ville de Paris, donc facilement négociable, sur un sol meuble, facile à terrasser, riche en granulats propres à constituer le béton nécessaire, en rive d’un fleuve fournissant l’eau utilisée  pour le refroidissement, non loin des  lieux de consommation de l’électricité produite, c’était un emplacement rêvé.

 

Ce vaste espace a été prévu pour accueillir 4 réacteurs. Côté Sud, prés de la Forté, le terrain destiné aux tranches 3 et 4, non construites, est devenu un « éco-pâturage » . Il est à la disposition de 60 moutons en remplacement des tondeuses et débroussailleuses mécaniques. On connaît les moutons pré-salés du Mont Saint Michel, mais comment désigner ces ovins ?

 

Concernant la protection contre les inondations, une digue périphérique, celle qui porte la clôture, protège l'ensemble du site. La partie nucléaire, établie sur une plate-forme surélevée, dispose de sa propre digue.

 

Des oppositions se sont élevées, mais face à une promesse, selon la rumeur, d’une baisse du prix du kilowatt pour les bellevillois, et de la réalité d’offrir des emplois, de vivifier une commune déclinante, de verser une taxe professionnelle pour moderniser le village, tout à l’égout, nouvel habitat, nouvelles écoles, aménagements socio-sportivo-culturels….comment résister ? Début du fonctionnement en 1988.

 

Tchernobyl, Fukushima,  et consort, ce n’est pas possible en France avec notre technologie, promis, craché, juré….Croisons les doigts, restons vigilants, attentifs aux autres sources d’énergie, tout en modérant notre consommation, pensons à nos descendants.

 

La rénovation de la centrale, le »grand carénage », s'étendra de 2015 à 2025, pour prolonger la vie du site au-delà de 40 ans et intégrer la leçon de la catastrophe japonaise ; acharnement thérapeutique ?

 

Afin de desservir la centrale en équipements lourds lors de la construction, puis en période de fontionnement, tels les turbines, les convois de combustible neuf ou usagé, depuis la voie ferrée de Neuvy, la nationale 7 ou l'autoroute A77, un pont a été jeté au travers de la Loire. Son accés depuis la rive droite, son tablier, établis au-dessus du niveau des crues millénales, accueillent route et rail.

 

Entre les piles, un seuil, un mini-barrage crée un lac de retenue d'eau, (et de sable!) destinée au refroidissement des réacteurs. Sur cet obstacle, 2 échancrures ont été pratiquées.

 

 

 

L'une sur la rive de Neuvy, une écluse (27 X 4m) permet le passage des quelques bateaux empruntant le fleuve, tourisme fluvial, fêtes de la Loire à Orléans...

L'autre, une passe à poissons, un plan incliné, garni de cannelures en zig-zag, permet aux poissons migrateurs de “souffler” lors du franchissement.

Le V.I.P. de la Loire, le saumon, est compté essentiellement à Vichy, sur l'Allier.

Ici quelques pêches électriques, cela va de soi, ont eu lieu pour dénombrer et identifier l'aquafaune présente.

 

[ Avis de Recherche] Sans entrer dans le débat pro et anti nucléaire, il serait intéressant d'examiner l'impact de la centrale sur le village, et sur les agglomérations proches, l' occupation du territoire, l' agriculture, l'urbanisation, la population.....

 

 

 

                                                 ************

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05 mars 2016

1939 -1945, les "boches" arrivent, les "boches" sont là

                1939 – 1945 :« les boches » arrivent, les » boches » sont là

 

 

Par une série d'indices régionaux et locaux, on percevait l'imminence du conflit.

Ainsi le radio émetteur d'Allouis, près de Bourges, donc loin des frontières, entre en activité dés 1938, avant d 'être inauguré en octobre1939.Ainsi des masques à gaz sont distribués aux fonctionnaires devant rester à leur poste.

 

Ainsi le service de l'intendance des armées a acheté de grandes quantités de haricots grains secs, a vidé greniers et hangars de ces paquets d'âge respectable, que des générations de charançons avaient minés, et rendus plus digestes affirmait-on !

Par les journaux, la radio, le bouche à oreille, on suivait l’actualité.

 

Les hommes jeunes étaient mobilisés, partis, puis prisonniers pour 4 à 5 ans. Les moins jeunes, encore concernés par l’armée ont été requis pour conduire les chevaux réquisitionnés sur Bourges.

 

 

 

Un doute sur les capacités de l’armée française a surgi, quand les troupes venant du grand sud-ouest en route pour l’Est par le pont de Loire Beaulieu-Bonny se sont égarées et ont fait demi-tour à Belleville, hors période de combat, en territoire national….

L’armée française en repli a détruit les ponts sur la Loire et localement sur le canal. Quel est l’intérêt stratégique de cette  dernière action ? C’est digne de la 7° compagnie « le fil rouge sur le bouton rouge, le fil vert…… » La charge d’explosif manifestement excessive a certes détruit le pont du bourg mais a aussi soufflé les vitraux de l’église et combien de fenêtres  de particuliers ?

 

Juin 40, bombardement aérien allemand sur Gien  et sur les dépôts d’essence de Léré , les témoignages divergent, bombardement hors cible, suivi par un mitraillage efficace ?

Exode de Bellevillois vers le Bois de l’Atre, réflexe ancestral  de recherche de la sécurité dans la profonde forêt protectrice ?

Au retour, les « boches » sont installés dans les maisons vidées, se lavent nus au canal, creusent des feuillées dans le terrain de la cure, campent rue des écoles…

 

Une anecdote, un Bellevillois contraint de passer la nuit dans son grenier, a été tenu éveillé par le couinement de la cannelle en bas, dans le cellier, les soldats manœuvraient le robinet de son tonneau en perce pour boire son vin !

Dans un second temps, le quotidien reprend le dessus, attente des nouvelles de la guerre, des prisonniers, restrictions diverses, tickets de rationnement, marché noir, et délation au-prés de la kommandantur, un cas isolé.

 

La personne concernée que je désignerais par X, au cas fort peu probable où X aurait  encore localement de la famille, ignorait que le courrier destiné aux allemands était détourné par des facteurs et lu par les résistants. Il a été trahi par son écriture !

Deux hommes ont été désignés pour l'abattre. Le maire de l'époque, monsieur Pinon, informé, leur a dit en substance : je vous comprends, mais pensez au nombre d'orphelins que vous laisserez...Ces sages paroles, empruntes d'humanité ont été entendues, X n'a pas été abattu.

Un jour, X est revenu au village  et a croisé le sympathique Romain Breuzé, garde champêtre, et lui tint à peu prés ce langage : Bonjour Romain, que fais-tu ? Tu vois, je conduis une brouette de fumier vers mon jardin, si tu veux il y a une place pour toi !!! sacré Romain.

Il ne faut pas oublier quelques perquisitions nocturnes de l'envahisseur.

A noter, plus tard,  en 43, le très bon accueil des «  réfractaires au Service  du Travail Obligatoire « Les habitants, en échange d’une aide à la ferme, ont offert table et couvert à ces hommes de vingt ans recherchés par l’occupant pour intégrer le S.T.O. et participer à l’industrie de guerre en Allemagne. L’un d’entre eux a fait souche.

 

 

A l’époque, les gendarmes de Léré  avaient contrôlé ces réfractaires et leur avaient dit en substance : on ne vous connaît pas, on ne vous a jamais vus, mais un conseil, soyez discrets…..belle réaction. Un autre homme les a aidés, monsieur Vacher, l’époux d’une future maire, fonctionnaire en poste à Vichy, leur a fait parvenir de vrais faux papiers, merci.

A signaler, une activité de résistance, la réception d’armes parachutées dans le val, convoyage vers les coteaux par le pont de la Rue, ou ce qui en faisait fonction. Et encore, le 17 juillet 1944, le mitraillage aérien d’un train allemand sur Neuvy , les pilotes, lors de leur demi-tour pour se repositionner, répondaient par un signe de la main aux habitants des Germains montés sur le toit des maisons,  agitant le drapeau tricolore.

 

Durant l'été 1944, Neuvy a subi 3 bombardements alliés destinés à détruire la voie ferrée empruntée par les allemands en repli,  bilan 130 morts civils. Des bellevillois ont passé la Loire pour rencontrer leurs proches, réunir les membres de leur famille, au sens propre, anatomique !

Un train chargé de machines outils pillées a été immobilisé. On raconte que l'on a fait traverser la Loire à un tour qui serait encore dans le village...??? Il y a prescription !

Quelques bombes sont tombées à proximité de la ferme de la Grande Glas. En 1945, deux démineurs interviennent pour les neutraliser, ils échouèrent et périrent dans l'explosion.

 

Une anecdote plaisante, dans cette période noire, c’était à Léré, mais elle a été racontée à des bellevillois…En sortant de la poste, mon
père voulais acheter une bouteille de bon vin, il avise à proximité une épicerie, celle de Marcel Cherrier, présentant en vitrine un vaste choix. Il en désigne une, l’épicier lui dit non pas celle- là, c’est du vin pour les boches…et d’expliquer, qu’un jour des soldats allemands, sous la menace de leurs armes avaient volé toutes les bouteilles exposées, remplies d’eau colorée, car monsieur, moi, je ne conserve pas le vin en plein soleil, derrière une vitre, j'ai une cave !

 

Quelques années plus tard, un homme a nommé son cheval Adolphe, non par nostalgie, mais par provocation, heureusement, la bête n’en a pas pris ombrage !

Enfin, pendant la crise de Suez en 1956, les réflexes de stockage de sucre, riz, pâtes, huile, farine, savon….sont revenus.

 

 

 

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22 février 2016

les VEHICULES AGRICOLES

Les VEHICULES AGRICOLES...

 

 

Dans le domaine du transport agricole, les années 1960 sont des années charnières durant lesquelles des survivances du temps passé côtoient des créations industrielles contemporaines alliant métal et pneumatiques, et ce avant même la motorisation, la venue des tracteurs et de leurs équipements.

 

Progressivement, notre charron Edouard Buisson et son collègue Albert Millet doivent abandonner le charronnage au profit du sciage et de la charpente.

 

 

 

Passons sur la présence des images choquantes de voitures à chien transportant une personne parfois obèse, si à proximité se trouve un modèle réduit de charrette adapté à l'âne. Les cartes postales anciennes des années 1900 n'en font pas mystère.

 

Ne nous attardons pas sur les vanneries, hottes, paniers divers nécessaires à la récolte, à la manutention, au chargement des dits véhicules. Désormais le métal s'impose, imputrescible.

Il en est de même pour les brouettes, devenues métalliques dotées de pneus et conçues à la lumière de l'ergonomie, à fin de déplacer des charges plus lourdes, plus volumineuses.

 

Assez répandues, signalons les « petites voitures », élégantes, légères, tirées par un « bidet ». Cela désigne un cheval lui aussi léger, adapté aux déplacements rapides, au trot, voire au galop.

Dans la partie utile au transport, vers l'avant, une banquette acceptait 2 ou 3 passagers ; à l'arrière, assez de place pour loger un tonneau, 1 ou 2 sacs de blé, de pommes de terre, quelques volailles …. afin de gagner le marché, la foire.

Ce genre de véhicule, protégé par une capote, permettait à mon arrière grand-père, Philippe Rézard  d'être épicier ambulant.

 

Deux véhicules étaient nécessairement dans les fermes .

Le tombereau (= tombériau), une caisse à l'avant en forme de chapeau de gendarme, d'un volume d'au moins 3 m3, posée sur l'essieu, adaptée aux produits en vrac, fumier, betteraves, bois scié, sable... Il pouvait basculer, tomber, vers l'arrière et libérer son chargement, une fois les ridelles enlevées !

 

La « grand-voiture », la charrette, un plateau encadré par des ridelles latérales fixes, vis à vis des roues, et des échelles d' extrémité mobiles, véhiculait d'abord le foin et la paille, accessoirement les bois longs, les perches à scier ultérieurement, les tonneaux de vendange ouverts à une extrémité, placés debout et quelques déménagements.

Le chargement de paille était surmonté par une perche mise sous tension par des cordes d'extrémité tendues grâce à des rouleaux à cliquet.

 

Il arrivait que l'on rencontre d'autres équipages à usage restreint.

 

Le corbillard, tiré par un cheval calme qui ne s'emballait pas au cimetière comme c'est arrivé. Ce qui a conduit la mairie à préférer un véhicule à moteur.

 

Le diable du charron pour soulever et transporter les grumes depuis le chantier d'abattage vers le banc de sciage. Très vite, dès 1957 il a disposé du 3°  tracteur de la marque Merry, une rareté qui le 15 août 2015 a fait saliver bien des collectionneurs, lors de sa présentation à St Loup ( Nièvre, au N.E. de Cosne)

 

La tonne, destinée à recevoir les liquides, en été l'eau pour abreuver les bêtes, au printemps, le purin réuni dans les très rares fosses aménagées. Le chargement se faisait avec une puisette, une sorte de seau à l'extrémité d'un manche. Le trajet de la tonne à purin et son épandage étaient attentivement suivis, pour que lors de  la cueillette des pissenlits, on ne prélève pas dans une prairie purinée !!

 

Le bois de ces véhicules n'était pas laissé brut, sans protection, il était peint  au « Brun Van Dyck », le charron n'appliquait ni créosote, ni « Bleu Charrette ».

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04 février 2016

SOMMAIRE, TABLE des MATIERES

                         SOMMAIRE, TABLE des MATIERES

 

     1 Introduction

     2 Parcours de découverte

 

     5......................................................Occupation du territoire.................................

            

         architecture domestique, agricole, prison, gibet...

    10 les Puits

    11 Lavoirs …..Moulins...

    13 les Circulations

    14 l' Agriculture

    15 les Animaux domestiques et les protéines animales de la campagne

    16 les productions végétales, classiques, industrielles, fruitiers...

    17 le Bois, la Vannerie...

    31 les Potagers

    32 la Vigne, le vin, l'alcool

    36 le Paysage sonore

                           

    …..............................................Les ruptures de la quiétude au fil du temps.........

 

    38 1° groupes humains, paléo-néolithique, mégalithes, route de l'étain

    41 Gaulois puis Romains s'installent...centuriation...Bella Villa

    44 Après la domination romaine

    45 le Grand-Château, mardelles,garennes, vivier, villa ?

    50 le Petit- château

    53 l'Eglise

    55 la Cure

    56 vivre sa religion

    57 les Normands sur la Loire

    58 la Guerre de 100 ans, le Prince Noir en Berry

    59 les Guerres de Religion et le gué de Neuvy

    61 l'Armée des Princes passe la Loire

    62 la Révolution de 1789...réquisitions...vente des biens nationaux...

    64 le Cadastre Napoléonien ne déplace pas les bornes …

                             … 1815........Waterloo...

    65 la Loire joue les trouble-fêtes....

    74 le Canal s'impose

   

 

 

 

 

  

 

 

    81 1851, un non événement à Belleville

    82 ...1870, la Loire, une frontière naturelle

    83 …...........1914 / 1918 la saignée

    84 quand Paris a soif, Belleville trinque

    87 1939 /1945, les « boches » arrivent, les « boches » sont là

    89 modernités du XX° siècle

    90 le Remembrement rebat les cartes

    91 la Centrale entre en divergence

 

    94…..............................................Sommaire, table des matières ….....................

         

 

 

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30 janvier 2016

l'ARMEE des PRINCES passe la LOIRE

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               A NOUVEAU IL Y A DU MONDE DANS LE VAL

 

 

*Le contexte historique :

1598, publication de l’Edit de Nantes.

1610, Ravaillac assassine Henri IV. Son successeur Louis XIII est alors âgé de 9 ans, sa mère, Marie de Médicis devient régente du royaume. Concini, promu maréchal d’Ancre est son favori.

1615, le jeune roi, la cour, escortés par une armée sont en route pour Bordeaux. Le roi s’y mariera le 21 novembre avec Anne d’Autriche, fille du roi d’Espagne.

 

En cette époque troublée, avec un pouvoir royal peu affirmé, le troisième prince de Condé se sent assez libre pour réunir « l’armée des princes ». Il en confie le commandement au duc de Bouillon.

Depuis Château Thierry, Epernay, il souhaite traverser le Berry pour se diriger sur le Poitou.

 

*Apprenant qu’à Neuvy existait un gué tout à fait praticable, il passe la Loire dans la nuit du 28 au 29 octobre 1615. « ils avaient fait aménager quelques retranchements avec une batterie de 4 pièces, pointées sur Neuvy, pour empêcher que l’armée du Roy, toute proche, à Bonny, ne les suivit ».

Condé ignorait que le commandant de cette troupe royale, le maréchal de Bois Dauphin, avait reçu défense expresse de combattre, de Concini ou de la Reine Mère ?

Face à Neuvy, Belleville sera donc traversé par cette armée des Princes, marquée par des excès de tous genres.

Arsène Mellot, puis son fils Jean ont publié « Histoire de Léré ». Ils traitent de la Ligue (1576/1593) puis de la Fronde (1649/1653) et des désordres qu’elles engendrent à Léré.

 

Belleville séparé par 4 petits kilomètres, n' a pu qu'être être visité par ces gens de guerre.

Le service d’intendance, dont la première mouture sera crée par Louvois, n’existait pas, les soldats vivaient sur le pays, pratiquant le libre-service sans passer par la caisse

 

Ces guerres civiles succèdent aux guerres de religion et encadrent l’épisode du franchissement de la Loire depuis Neuvy.

Si on regarde simplement les faits, de 1562 massacre de Wassy, début des guerres de religions à 1661 mort de Mazarin et « prise de pouvoir par Louis XIV« , un siècle de troubles se clôt pour Belleville aussi.

 

 

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24 janvier 2016

BOIS , VANNERIE, POTAGERS

Mis à part le bois de l’Atre, notre village n’est pas marqué par la forêt, ici et là quelques taillis, des tailles, à révolution courte, plus ou moins 20 ans, incluant parfois de rares arbres dignes d’une futaie. A noter également l’absence de plantation d’alignement pour accompagner les routes, ainsi que celle de conifères.

Remarquons que le Bois de l'Atre est implanté sur une zone désignée par “Crs” sur la carte géologique 1/50 000, feuille de Léré. Cela correspond à des terres réunissant silex et argiles, “facilement détrempées en hiver, trés dures par dessication [en été] et peu fertiles”. C'est une réalité trés classique que d'abandonner de telles surfaces de sol au boisement.

 

Pourtant le bois occupait la population une partie de l’hiver. Souvent, les personnes qui ne possédaient pas de bois à exploiter, proposaient à un propriétaire d'effectuer la totalité du travail, en échange de la moitié du bois coupé et stéré.

 

Ainsi, on exploitait les taillis déjà cités et la production du bocage. Là, l’objectif était double, restaurer les haies et récupérer le maximum de bois utile ultérieurement.

 

 

Périodiquement il fallait entretenir les haies, limiter leur développement latéral et en hauteur au détriment des cultures. Les ronces se marcottent facilement par leur extrémité, les ronciers s’étalent, les épines noires drageonnent et gagnent sur la terre à usage agricole. Avec le croissant (= volant) et la serpe (=gouet) on coupe les parties en excès de tous les végétaux présents.

 

Souvent pour obturer les vides, on plessait. On entaillait à la serpe une longue pousse  de manière à préserver une charnière, la branche ainsi préparée, basculée à l’horizontale et coincée entre d’autres pousses restait vivante, se ramifiait dès le printemps, interdisant le passage des bestiaux désireux de rentrer ou de sortir de la parcelle enclose. Selon les cas, 2 voire 3 branches barraient le passage entre le sol et le garrot des bovins, des chevaux.

 

En l’absence de pousse adaptée, on tressait des branches, épineuses de préférence, mais totalement coupées, mortes, sèches, entre des piquets improvisés. L’obstacle créé restait efficace quelques années, souvent assez longtemps pour que les arbustes voisins envahissent l’assemblage inerte ou pour que des graines apportées par le vent, les oiseaux, la fourrure, la toison des animaux, se développent.

Notons que les épareuses, lamiers et autres rogneuses utilisées aujourd'hui conservent la silhouette de la haie, mais à l'évidence ne peuvent pas développer de longues pousses horizontales!

 

Une haie bien contrôlée signait, le savoir faire de l'agriculteur, entraînait sa reconnaissance sociale, mais aussi afichait un marquage juridique de la propriété, et créait un type de paysage, le bocage, sans compter les avantages techniques, écologiques multiples, âprement et heureusement défendus depuis quelques décennies. Remercions Dominique Solter d'avoir publié en faveur des haies et brise-vents. Rappelons que les haies locales ont été plantées, qu'il ne s'agit pas de vestiges d'un antique boisement généralisé.

 

Souvenons-nous que les fils à ronces = barbelés n’ont été accessibles qu’après la fin de la guerre 14/18, par la vente des surplus militaires. Et encore, ils l'étaient, loin, et par lots de 5000kg (5T). Seuls quelques fortunés, pouvaient les acheter, les manipuler, les diviser en parts accessibles aux petits propriétaires et les revendre à bon prix. Il en sera de même pour les fils lisses utisés pour accoler la vigne, nous le verrons.

 

Pour ce qui est des arbres, les fruitiers, si nécessaire étaient élagués, sommairement taillés mais préservés. Par contre les autres arbres, chênes, ormes, saules, conduits en têtards, avec un tronc de 3 mètres,  étaient  débarrassés de toutes leurs branches.

 

Celles-ci une fois au sol étaient privées de toutes leurs ramifications, de leurs rameaux, alors assemblés en fagots, rarement brûlés avec les épineux.

Les bois plus gros que le poignet pouvaient être débités en tronçons de 1m pour constituer des stères (1m3), puis des cordes de 4 stères. Parfois, ils étaient conservés en entier pour être ultérieurement transformés.

Bien des branches, au cours de la coupe étaient retenues pour devenir des manches d’outils, droits, incurvés pour les houes, coudés à 90° pour les faux, plantoirs, et cannes !

 

Parfois, un têtard séchait, il était scié à la base au passe partout, une longue  lame, une poignée à chaque extrémité, un homme tirait, son compagnon presque sans pousser accompagnait le mouvement, en fin de course, c’était à lui de tirer…et vive la tronçonneuse, qui a permis bien des excès.

 

 

La difficulté était d’exploiter la tête, un entrelacs serré de fibres né des anciens départs de branches .Un bellevillois, ancien de 14-18, préférait creuser un trou à la tarière, le garnir  d’un explosif fait maison et d’une mèche….

Le temps de s’abriter  et « boum » la tête exposait ses morceaux, ceux qui ne pouvaient pas entrer dans la cuisinière étaient réservés à la gueule du foyer de  l’alambic, ce qui diminuait le coût de la distillation.

 

A noter que l’élagage avait parfois lieu en pleine végétation, pour alimenter les bêtes quand l’herbe est rare et sèche. Les arbres fourragers reconnus sont les ormes, les frênes, leurs branches feuillées étant immédiatement distribuées.

 

Un cas particulier est celui  des   peupliers plantés en rive du riau, puisque élagués en été pour favoriser la formation d’une belle bille, sans nœuds. Les branches fanées, récupérées, mises à sécher, conservées au sec, distribuées en hiver étaient désignées sous le nom de feuillards, les chèvres en raffolaient, ne laissant que le bois nu, écorcé.

 

Une fois ces travaux de bûcheronnage, taille, élagage terminés, on procédait au nettoyage du chantier, puis au brûlage du bois non retenu. Rapidement le centre partait en fumée, avant de quitter les lieux, les parties périphériques intactes étaient remontées.

 

Mais, faute de revenir le lendemain pour achever la combustion, au sol, on observait une magnifique couronne rayonnante de bois sombre partiellement carbonisé et au centre, un beau disque de cendre gris clair. Si au printemps de modestes fleurs comme celles des pissenlits s’épanouissaient à proximité, c’était du land-art avant la lettre !

 

Localement, à partir du bocage, on ne fabriquait pas de charbon de bois, mais, parfois, dans les tailles les charbonniers œuvraient, puisqu'un habitant a déclaré exercer cette profession lors d'un recensement. Ce charbon de bois servait à chauffer les aliments, plus tard l'emploi du gaz en bombonnes se taillera un franc succès. Bien sûr, par temps froid, c'est le feu de la cheminée, de la cuisinière, qui assure sa double fonction.

 

Dans les années 1960, parfois, des gens modestes demandaient à un voisin de prélever une pelletée de braises incandescentes pour réchauffer leur brouet !

 

Tout ce bois conservé était laissé à sécher sur place et transporté à la ferme après la moisson, les chemins sont alors plus praticables, à cette occasion, les sarments de vigne, bottelés étaient embarqués, mais gare aux vipères réfugiées là.

 

L’usage premier de ce bois était le feu, cuisson des aliments et chauffage. La cendre soigneusement récupérée devenait un produit lessiviel grâce à la présence de soude, mais seulement si le tanin était absent, ce qui exclue le chêne et le châtaignier.

C'était aussi une tueuse de la mousse installée sur les ceps de vigne, un fertilisant pour le potager.

L’usage second était la transformation par des professionnels, charron, menuisier, charpentier, sabotier…mais dans chaque famille on bricolait des réalisations simples, piquets, pieux, tuteurs, échelles, barrières, voire des outils, rayonneurs, fourches, râteaux à foin...

 

Une histoire a longtemps couru dans le village et certainement dans d'autres. C'était celle d'un cultivateur qui avait appris le métier de charron. Pendant l'hiver dans une étable vide, il avait construit et assemblé la caisse complète d'un tombereau.

L'ouvrage terminé,  il se proposait de la poser sur l'essieu réunissant les deux roues qui lui avaient été livrés dans la cour. Mais il lui fallait passer par la porte étroite, mission  impossible... !

 

Si aujourd’hui les fournisseurs offrent un vaste choix de bois scié rectiligne, quelque fois gauchi sans plus, ce n’était pas le cas avant. Il fallait tout le talent des artisans pour valoriser le bois tors .

C’est lui qui fait le charme des anciens colombages, des charpentes séculaires. En respectant le fil du bois, la disposition naturelle des fibres, les pièces résistent très bien aux déformations. Cette qualité a été ré-exploitée par les charpentiers de marine de Rochefort, pour construire les membrures de la nouvelle Hermione, la réplique du bateau de La Fayette, lancé en 2012 !

 

Encore aujourd’hui, couper du bois en hiver pour le brûler lors des hivers suivants, réchauffe quelques personnes !

 

*Traiter de l’exploitation locale du bois sans mentionner la vannerie ne serait pas sérieux.

Essentiellement à partir de diverses espèces de saule (Salix), osier, verdiaux de

Loire, étaient fabriqués une multitude d’objets de la vie courante, paniers, resses (panier allongé à porter à deux), hottes, ruches, mues (cage hémisphérique, posée sur le sol, destinée à protéger la poule et ses poussins contre les oiseaux carnivores, corvidés  et rapaces ), cloisons de bâtiments, claies….Ces productions domestiques concurrençaient celles des romanichels qui effectuaient des tentatives de vente porte à porte.

 

Pour leur souplesse, les rameaux torsadés  de chêne, orme, noisetier devenaient des liens, pour lier les fagots, ainsi que les rauches (sorte de roseau) et le jonc, essentiellement pour accoler la vigne.

 

Les balais utilisés pour la maison et les dépendances, étaient obtenus par la réunion de pousses de bouleau ou de genêts en faisceaux, dans lesquels on piquait un manche.

 

Pour rester dans le secteur du bois, signalons la plantation dans le val, d’une collection de peupliers noirs spontanés. Sage précaution que d’avoir établi cette banque de gènes où puiser afin de créer de futurs hybrides pour répondre à une demande à venir.

 

*La campagne recelait d’autres trésors, de l’herbe pour les lapins, des plantes pour l’alimentation humaine, pissenlits, serpolet pour parfumer le boudin, champignons variés puis qu’inféodés aux divers biotopes, (ombre, lumière, sécheresse, humidité...) cresson, prunelles, merises, nèfles…et des plantes médicinales à prélever avec discernement !

 

*Enfin, chaque habitation disposait d'un jardin potager occupé par les légumes, quelques simples, des aromatiques, parfois des fleurs, vaste ou au contraire réduit car complété par des cultures de plein champ ( pommes de terre, haricots grains, carottes...) L'autonomie passait par une maîtrise complète du cycle végétatif des plantes, récolte, conservation, tri des semences, semis protégés, mise en terre, soins culturaux, récolte...

 

On ne voit plus des légumes, poireaux, oignons, salades, radis, laissés monter à graine,avant d'être suspendus sous l'avancée du toit, protégés par un cornet de papier journal, ballottés par le vent, convoités par les oiseaux... Il est vrai qu'acheter un plant prêt à planter simplifie la vie !

On ne voit plus les épouvantails théoriquement destinés à repousser les oiseaux.

 

Les progrès de l'agriculture doivent beaucoup à la création des comices agricoles, tel celui du canton  de Léré dés 1850. Leur objectif était de «  combattre partout où ils les rencontrent, l'ignorance et la routine... », en récompensant les agriculteurs performants. Mais l'activité de polyculture-élevage était préservée, dans un souci de sécurité, d'autonomie, en tablant sur plusieurs productions.

 

Ce territoire assurait non pas une autarcie véritable, mais une grande autonomie alimentaire quotidienne. Aujourd'hui, pour secourir les familles en difficulté, une épicerie solidaire a été ouverte.

 

Après les épreuves de la 2°guerre mondiale, ses restrictions alimentaires, les gouvernements successifs ont demandé aux  agriculteurs de nourrir la France et plus tard, d’exporter des productions agro-alimentaires.

* Mis à part le bois de l’Atre, notre village n’est pas marqué par la forêt, ici et là quelques taillis, des tailles, à révolution courte, plus ou moins 20 ans, incluant parfois de rares arbres dignes d’une futaie. A noter également l’absence de plantation d’alignement pour accompagner les routes, ainsi que celle de conifères.

Remarquons que le Bois de l'Atre est implanté sur une zone désignée par “Crs” sur la carte géologique 1/50 000, feuille de Léré. Cela correspond à des terres réunissant silex et argiles, “facilement détrempées en hiver, trés dures par dessication [en été] et peu fertiles”. C'est une réalité trés classique que d'abandonner de telles surfaces de sol au boisement.

 

Pourtant le bois occupait la population une partie de l’hiver. Souvent, les personnes qui ne possédaient pas de bois à exploiter, proposaient à un propriétaire d'effectuer la totalité du travail, en échange de la moitié du bois coupé et stéré.

 

Ainsi, on exploitait les taillis déjà cités et la production du bocage. Là, l’objectif était double, restaurer les haies et récupérer le maximum de bois utile ultérieurement.

 

 

Périodiquement il fallait entretenir les haies, limiter leur développement latéral et en hauteur au détriment des cultures. Les ronces se marcottent facilement par leur extrémité, les ronciers s’étalent, les épines noires drageonnent et gagnent sur la terre à usage agricole. Avec le croissant (= volant) et la serpe (=gouet) on coupe les parties en excès de tous les végétaux présents.

 

Souvent pour obturer les vides, on plessait. On entaillait à la serpe une longue pousse  de manière à préserver une charnière, la branche ainsi préparée, basculée à l’horizontale et coincée entre d’autres pousses restait vivante, se ramifiait dès le printemps, interdisant le passage des bestiaux désireux de rentrer ou de sortir de la parcelle enclose. Selon les cas, 2 voire 3 branches barraient le passage entre le sol et le garrot des bovins, des chevaux.

 

En l’absence de pousse adaptée, on tressait des branches, épineuses de préférence, mais totalement coupées, mortes, sèches, entre des piquets improvisés. L’obstacle créé restait efficace quelques années, souvent assez longtemps pour que les arbustes voisins envahissent l’assemblage inerte ou pour que des graines apportées par le vent, les oiseaux, la fourrure, la toison des animaux, se développent.

Notons que les épareuses, lamiers et autres rogneuses utilisées aujourd'hui conservent la silhouette de la haie, mais à l'évidence ne peuvent pas développer de longues pousses horizontales!

 

Une haie bien contrôlée signait, le savoir faire de l'agriculteur, entraînait sa reconnaissance sociale, mais aussi afichait un marquage juridique de la propriété, et créait un type de paysage, le bocage, sans compter les avantages techniques, écologiques multiples, âprement et heureusement défendus depuis quelques décennies. Remercions Dominique Solter d'avoir publié en faveur des haies et brise-vents. Rappelons que les haies locales ont été plantées, qu'il ne s'agit pas de vestiges d'un antique boisement généralisé.

 

Souvenons-nous que les fils à ronces = barbelés n’ont été accessibles qu’après la fin de la guerre 14/18, par la vente des surplus militaires. Et encore, ils l'étaient, loin, et par lots de 5000kg (5T). Seuls quelques fortunés, pouvaient les acheter, les manipuler, les diviser en parts accessibles aux petits propriétaires et les revendre à bon prix. Il en sera de même pour les fils lisses utisés pour accoler la vigne, nous le verrons.

 

Pour ce qui est des arbres, les fruitiers, si nécessaire étaient élagués, sommairement taillés mais préservés. Par contre les autres arbres, chênes, ormes, saules, conduits en têtards, avec un tronc de 3 mètres,  étaient  débarrassés de toutes leurs branches.

 

Celles-ci une fois au sol étaient privées de toutes leurs ramifications, de leurs rameaux, alors assemblés en fagots, rarement brûlés avec les épineux.

Les bois plus gros que le poignet pouvaient être débités en tronçons de 1m pour constituer des stères (1m3), puis des cordes de 4 stères. Parfois, ils étaient conservés en entier pour être ultérieurement transformés.

Bien des branches, au cours de la coupe étaient retenues pour devenir des manches d’outils, droits, incurvés pour les houes, coudés à 90° pour les faux, plantoirs, et cannes !

 

Parfois, un têtard séchait, il était scié à la base au passe partout, une longue  lame, une poignée à chaque extrémité, un homme tirait, son compagnon presque sans pousser accompagnait le mouvement, en fin de course, c’était à lui de tirer…et vive la tronçonneuse, qui a permis bien des excès.

 

 

La difficulté était d’exploiter la tête, un entrelacs serré de fibres né des anciens départs de branches .Un bellevillois, ancien de 14-18, préférait creuser un trou à la tarière, le garnir  d’un explosif fait maison et d’une mèche….

Le temps de s’abriter  et « boum » la tête exposait ses morceaux, ceux qui ne pouvaient pas entrer dans la cuisinière étaient réservés à la gueule du foyer de  l’alambic, ce qui diminuait le coût de la distillation.

 

A noter que l’élagage avait parfois lieu en pleine végétation, pour alimenter les bêtes quand l’herbe est rare et sèche. Les arbres fourragers reconnus sont les ormes, les frênes, leurs branches feuillées étant immédiatement distribuées.

 

Un cas particulier est celui  des   peupliers plantés en rive du riau, puisque élagués en été pour favoriser la formation d’une belle bille, sans nœuds. Les branches fanées, récupérées, mises à sécher, conservées au sec, distribuées en hiver étaient désignées sous le nom de feuillards, les chèvres en raffolaient, ne laissant que le bois nu, écorcé.

 

Une fois ces travaux de bûcheronnage, taille, élagage terminés, on procédait au nettoyage du chantier, puis au brûlage du bois non retenu. Rapidement le centre partait en fumée, avant de quitter les lieux, les parties périphériques intactes étaient remontées.

 

Mais, faute de revenir le lendemain pour achever la combustion, au sol, on observait une magnifique couronne rayonnante de bois sombre partiellement carbonisé et au centre, un beau disque de cendre gris clair. Si au printemps de modestes fleurs comme celles des pissenlits s’épanouissaient à proximité, c’était du land-art avant la lettre !

 

Localement, à partir du bocage, on ne fabriquait pas de charbon de bois, mais, parfois, dans les tailles les charbonniers œuvraient, puisqu'un habitant a déclaré exercer cette profession lors d'un recensement. Ce charbon de bois servait à chauffer les aliments, plus tard l'emploi du gaz en bombonnes se taillera un franc succès. Bien sûr, par temps froid, c'est le feu de la cheminée, de la cuisinière, qui assure sa double fonction.

 

Dans les années 1960, parfois, des gens modestes demandaient à un voisin de prélever une pelletée de braises incandescentes pour réchauffer leur brouet !

 

Tout ce bois conservé était laissé à sécher sur place et transporté à la ferme après la moisson, les chemins sont alors plus praticables, à cette occasion, les sarments de vigne, bottelés étaient embarqués, mais gare aux vipères réfugiées là.

 

L’usage premier de ce bois était le feu, cuisson des aliments et chauffage. La cendre soigneusement récupérée devenait un produit lessiviel grâce à la présence de soude, mais seulement si le tanin était absent, ce qui exclue le chêne et le châtaignier.

C'était aussi une tueuse de la mousse installée sur les ceps de vigne, un fertilisant pour le potager.

L’usage second était la transformation par des professionnels, charron, menuisier, charpentier, sabotier…mais dans chaque famille on bricolait des réalisations simples, piquets, pieux, tuteurs, échelles, barrières, voire des outils, rayonneurs, fourches, râteaux à foin...

 

Une histoire a longtemps couru dans le village et certainement dans d'autres. C'était celle d'un cultivateur qui avait appris le métier de charron. Pendant l'hiver dans une étable vide, il avait construit et assemblé la caisse complète d'un tombereau.

L'ouvrage terminé,  il se proposait de la poser sur l'essieu réunissant les deux roues qui lui avaient été livrés dans la cour. Mais il lui fallait passer par la porte étroite, mission  impossible... !

 

Si aujourd’hui les fournisseurs offrent un vaste choix de bois scié rectiligne, quelque fois gauchi sans plus, ce n’était pas le cas avant. Il fallait tout le talent des artisans pour valoriser le bois tors .

C’est lui qui fait le charme des anciens colombages, des charpentes séculaires. En respectant le fil du bois, la disposition naturelle des fibres, les pièces résistent très bien aux déformations. Cette qualité a été ré-exploitée par les charpentiers de marine de Rochefort, pour construire les membrures de la nouvelle Hermione, la réplique du bateau de La Fayette, lancé en 2012 !

 

Encore aujourd’hui, couper du bois en hiver pour le brûler lors des hivers suivants, réchauffe quelques personnes !

 

*Traiter de l’exploitation locale du bois sans mentionner la vannerie ne serait pas sérieux.

Essentiellement à partir de diverses espèces de saule (Salix), osier, verdiaux de

Loire, étaient fabriqués une multitude d’objets de la vie courante, paniers, resses (panier allongé à porter à deux), hottes, ruches, mues (cage hémisphérique, posée sur le sol, destinée à protéger la poule et ses poussins contre les oiseaux carnivores, corvidés  et rapaces ), cloisons de bâtiments, claies….Ces productions domestiques concurrençaient celles des romanichels qui effectuaient des tentatives de vente porte à porte.

 

Pour leur souplesse, les rameaux torsadés  de chêne, orme, noisetier devenaient des liens, pour lier les fagots, ainsi que les rauches (sorte de roseau) et le jonc, essentiellement pour accoler la vigne.

 

Les balais utilisés pour la maison et les dépendances, étaient obtenus par la réunion de pousses de bouleau ou de genêts en faisceaux, dans lesquels on piquait un manche.

 

Pour rester dans le secteur du bois, signalons la plantation dans le val, d’une collection de peupliers noirs spontanés. Sage précaution que d’avoir établi cette banque de gènes où puiser afin de créer de futurs hybrides pour répondre à une demande à venir.

 

*La campagne recelait d’autres trésors, de l’herbe pour les lapins, des plantes pour l’alimentation humaine, pissenlits, serpolet pour parfumer le boudin, champignons variés puis qu’inféodés aux divers biotopes, (ombre, lumière, sécheresse, humidité...) cresson, prunelles, merises, nèfles…et des plantes médicinales à prélever avec discernement !

 

*Enfin, chaque habitation disposait d'un jardin potager occupé par les légumes, quelques simples, des aromatiques, parfois des fleurs, vaste ou au contraire réduit car complété par des cultures de plein champ ( pommes de terre, haricots grains, carottes...) L'autonomie passait par une maîtrise complète du cycle végétatif des plantes, récolte, conservation, tri des semences, semis protégés, mise en terre, soins culturaux, récolte...

 

On ne voit plus des légumes, poireaux, oignons, salades, radis, laissés monter à graine,avant d'être suspendus sous l'avancée du toit, protégés par un cornet de papier journal, ballottés par le vent, convoités par les oiseaux... Il est vrai qu'acheter un plant prêt à planter simplifie la vie !

On ne voit plus les épouvantails théoriquement destinés à repousser les oiseaux.

 

Les progrès de l'agriculture doivent beaucoup à la création des comices agricoles, tel celui du canton  de Léré dés 1850. Leur objectif était de «  combattre partout où ils les rencontrent, l'ignorance et la routine... », en récompensant les agriculteurs performants. Mais l'activité de polyculture-élevage était préservée, dans un souci de sécurité, d'autonomie, en tablant sur plusieurs productions.

 

Ce territoire assurait non pas une autarcie véritable, mais une grande autonomie alimentaire quotidienne. Aujourd'hui, pour secourir les familles en difficulté, une épicerie solidaire a été ouverte.

 

Après les épreuves de la 2°guerre mondiale, ses restrictions alimentaires, les gouvernements successifs ont demandé aux  agricult

Pour ce faire, des décisions directes ou non ont convergé afin de répondre à cette  orientation  de grande politique. Permettre l’augmentation des surfaces cultivées par une famille, en versant une retraite aux partants âgés, remembrement des territoires et maîtrise relative de l’eau, sélection et introduction de nouvelles races animales, de variétés végétales plus performantes, fertilisation augmentée et réfléchie, établissement de parcelles de démonstration, protection des cultures par les produits phytosanitaires, motorisation et mécanisation, création  véritable de l’enseignement agricole….bref c’était donner à une grande orientation économique les moyens de réussir.

Cet arsenal de l’agriculture productiviste, justement contestée aujourd’hui pour ses excès, a provoqué à Belleville un exode rural, modifié le paysage, quelque peu réduit le bocage en place, et relégué le contenu des pages précédentes au chapitre histoire récente.

Posté par JPP Belleville à 17:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 janvier 2016

Les PRODUCTIONS VEGETALES ...

              Productions végétales

 

Dans ce groupe, priorité aux céréales, elles nous donnent notre pain quotidien.

 

* Longtemps on a semé, récolté, moulu ensemble le blé et le seigle : le méteil. A ne pas confondre avec le tritical, un hybride récent entre ces deux céréales. Ces deux panifiables assuraient une bonne conservation du pain, cuit une fois par semaine seulement, souvent à domicile. Ultérieurement, vers 1830, on les sépara.

La profession de boulanger n'apparaît que lors du recensement de 1883 !

 

L’avoine était prioritairement réservée aux chevaux avant l’effort, comme le labour. La ration de base est de 8 kg avec 7 kg de bon foin.

 

La récolte s’est longtemps faite à la faucille, au tranchant dentelé, forgée par le taillandier, ou le forgeron local, elle résistait mieux que les premières faux réservées à l’herbe encore verte, tendre surtout quand celle-ci  était lubrifiée par l'eau de la rosée.

La paille sciée par la faucille, l'était à hauteur du genou. Ainsi, la précieuse extrémité portant les grains,  empoignée par la main gauche, n'était pas secouée, pas d'égrenage à craindre, malgré la grande maturité de la céréale. Il restait au champ une paille longue qui pouvait connaître 2 voire 3 usages.

 

Soit elle restait sur pied et avec les adventices, les” mauvaises herbes ” développées, alimentait les bovins, les moutons, encadrés par un gardien, pour ne pas causer de dommage aux parcelles voisines différemment emblavées.

Cela a conduit soit à des pratiques individuelles de protection par l'implantation de haies, vives ou sèches, et a induit la naissance du bocage ou au contraire, soit à des pratiques collectives, cultures identiques dans telle zone, où les animaux pouvaient passer d'une propriété à l'autre, induisant le paysage de champs ouverts.

 

Soit elle était recoupée prés du sol, récoltée pour devenir, litière ou matériau de couverture, ou paillon, la semelle glissée dans les sabots, ou papier toilette.

 

Soit mélangée à de la terre argileuse pour fabriquer du torchis. Par sa longueur, elle créait une armature, un peu comme la feraille du béton armé. Par l'air prisonnier de sa tige creuse elle remplissait son rôle d'isolant thermique.

 

La France a été tardivement importatrice de faux à paille. Elle s'approvisionait  en Grande Bretagne où l'on maîtrisait la technique de l'acier fondu au creuset pour transformer le fer suédois. C'était vrai aussi vis à vis de l'Allemagne, de l'Autriche avec le fer de Styrie. Pour le transport, les lames étaient réunies dans des tonneaux.

 

Nos industriels ne produisaient pas assez de bonnes faux à paille, souples, tranchantes, durables, pour couvrir nos besoins. L'autonomie ne sera acquise qu'aprés 1827, l'exportation suivra.

Alors que  l'emploi des bonnes faux permettait un rendement supérieur d'un tiers à celui des faucilles qui sciaient moins d'un hectare par jour, la transition généralisée a traîné  jusque vers 1845, car les moissonneurs craignaient un sous emploi, même saisonnier.

 

Vint la faucheuse munie de rabatteurs qui inclinaient les tiges vers la barre de coupe , la javeleuse, puis la moissonneuse lieuse, avant que la « moiss’bat » ne s’impose.

La première du village, a récolté la moisson de la Grande Glas en 1958, elle était de la marque Klark , directement importée des Etats-Unis !

 

Il ne faut pas imaginer que la percée de la moissonneuse a entraîné la mise au rebut des faux. Tout d'abord, il y avait toujours la nécessité de faucher une brouettée de luzerne pour les lapins, de contrôler la végétation dans tel recoin de la propriété, puisque le “ roto-fil ” n'existait pas !

 

Ensuite, la moissonneuse-lieuse était tirée par 2 chevaux, attelés de front,à droite de la barre de coupe surmontée par  les rabatteurs, soit une largeur de piétinement de prés de 2 mètres, la situation était identique quand, quelques années durant les tracteurs les ont remplacés. Avec la barre à droite, le champ était parcouru dans le sens contraire aux aiguilles d'une montre, et inversement pour les machines tirées depuis la gauche.

 

Donc, dans une parcelle de céréales, il fallait détourer, dégager un passage périphérique, la faux reprenait du service. Souvent cette faux munie “ de doigts ”, nommée “harnais”, déposait avec délicatesse les tiges sur le sol, en javelles, lors du mouvement de retour, et facilitait le bottelage immédiat.

 

 

C'est seulement quand l'emploi de la moissonneuse-batteuse équipée d'une barre de coupe frontale, poussée et non tractée, s'est généralisé, que la faux a rejoint les musées. Mais chronologiquement précédée par celle, que les archéologues ont retrouvée au fond d'un silo comblé à Chevilly (Loiret) sous l'autoroute A19, datée du IV° siècle avant notre ère !

 

Historiquement les moissonneurs liaient les gerbes avec de la paille prélevée sur place, les transportaient à la ferme le temps d’un séjour dans la grange, sous le hangar ou réunies en meules, rondes ( Léon Faizeau des Germains excellait dans cette activité) telles celles que Monet a peintes, ou à base rectangulaire.

Parfois, faute de bâches, l'agriculteur établissait une couverture temporaire en chaume, tel Signoret au Cros Fleuri.

Jusque dans les années 1960, le glanage était pratiqué.

 

Plus tard, fin d'été-automne, les batteurs les soustrayaient aux rongeurs pour les battre au fléau, à raison de 25 / 30 gerbes par jour.

Vint le temps de la batteuse, animée par une locomobile, puis par un tracteur. La batteuse et ses 20 servants, en 12 heures, produisent autant que 60 batteurs au fléau ! 

Ces matériels avaient été achetés en commun par les agriculteurs.

Le tracteur, une fois le plein de carburant réalisé, les niveaux vérifiés, actionnait immédiatement la batteuse à la différence de la machine à vapeur,  qui devait être chauffée très tôt le matin pour être en pression efficace.

De plus pour les déplacements de ferme en ferme, il tractait la batteuse et la presse à paille battue, à la place des chevaux.

Le mécanicien libéré du chargement du charbon dans le foyer pouvait participer au chantier, l'esprit libre vis à vis des risques d' incendie provoqués par des escarbilles.

 

Par des goulottes qui pinçaient le haut d'un sac, le grain s'écoulait jusqu'à le remplir de 100kg de céréales. Le porteur, d'une main maintenait le sac fermé et à l'épaule emportait sa charge au grenier, pour le vider. Une goulée de vin prélevée à la bouteille placée prés de la porte et il repartait pour un tour.

La paille était consommée par les animaux et surtout épandue en litière, précédant le stade fumier…

Les enveloppes du grain, les balles, aliment sec, conduites par des tuyaux métalliques et un flux d'air, étaient stockées dans le ballier souvent ventru, avant d’être distribuées en association avec les betteraves fourragères juteuses, tranchées par le coupe racines.

L'été dernier, un voisin agriculteur, septuagénaire, me disait qu'avec une batteuse, les 12 hommes nécessaires pour le chantier, en une journée on produisait 60 quinteaux = 6T de grain, alors qu'aujourd'hui pendant le même temps, son fils sur la moiss'batt avec 2 hommes sur 2 tracteurs tirant chacun 1 remorque, on livrait 6000 Qx = 60 T!

 

 

 

Une fois les grains de blé déposés sur le sol carrelé du grenier, ils étaient séchés, aérés par pelletage, renettoyés, les quelques balles et déchets de paille restants éliminés par vannage. Cela consiste à soumettre les grains à un courant d'air qui éloigne les impuretés légères. Soit on travaille dehors, dos au vent avec un van, une corbeille de vannerie, soit on crée ce vent, avec un tarare, une soufflerie manuelle à manivelle.

 

Le blé nettoyé, une fois ensaché était proposés sur les marchés locaux.

En 1872, une foire au blé se tenait à Léré chaque jeudi. Ce point de regoupement de cultivateurs céréaliers,  aboutira à la création de la  Coopérative de Blé de Léré, entre 1934 et 1936. En 1938, elle rejoindra la” Fédération des coopératives de stockage, de transformation et de vente des céréales du Cher”, avant d'être re-re prise par des sociétés de dimensions  internationales.

Le blé battu, craché par la moiss'batt, tombe dans une remorque, et est directement livré à la coopérative de Léré, le grenier carrelé devient une aire de jeu pour les chats.

 

L'agriculture locale entre dans une nouvelle ère, les variétés Capital, Hardy, Vilemorin 23 sont détrônées.

 

 

Pour alimenter les bestiaux, 2 productions dominaient:

 

* Le foin, le fourrage, l’herbe des prairies naturelles ou artificielles ( trèfle, luzerne ), coupé par la faucheuse qui a supplanté la faux, puis retourné à la fourche pour parfaire le séchage, puis réuni par le rateau hippomobile, avant la mise en tas, les cachons,  qui

résistaient bien à une giboulée.

 

Il faut imaginer cette activité, dans la chaleur, le corps en sueur qui retient les particules volantes, attire les insectes dont les redoutables taons, sans compter la fatigue, tant au chargement de la charette qu'au transfert au grenier de son chargement, pour comprendre que la fenaison n'est pas une partie de plaisir, malgré l'odeur de l'herbe séche,

N'en déplaise à Madame de Sévigné. “ Savez vous ce que c'est que faner...” écrit-elle à Madame de Coulanges en minaudant !

 

La manipultion en vrac, a précédé l'apparition des balles de section carrée, de diverses densités, puis rondes, parfois enrubannées et non pas enturbannées! La première ensileuse est arrivée à la Glas en 1959, pour réaliser un autre mode de conservation.

 

En limite de Sury sur la rivière de Balance, le riau, des pierres taillées, disposées en U dans le ruisseau, creusées d’une rainure, recevaient des planches pour établir un barrage. L’eau envahissait la parcelle amont et à terme permettait la repousse de l’herbe, le regain.

 

La pratique de l'irrigation par submersion était plus répandue dans la région qu'on ne l'imagine,  le Sud n'en avait pas le monopole.La France avait besoin de viande donc de prairies, les élus locaux défendaient cette technique.

 

* Les betteraves fourragères : longtemps les semences disponibles, les glomérules, portaient plusieurs germes accolés, donc en place, une fois germés, développés, il fallait démarier, séparer les pousses, ne garder que la plus prometteuse et en profiter pour désherber. A l’automne sous les intempéries, arracher, décolleter à la serpe, à la faucille, charger, vider au silo préalablement creusé…culture exigeante en main d’œuvre et travail pénible.

Pendant le blocus continental (1806-1815) la culture des betteraves sucrières fut imposée pour pallier la rareté du sucre de canne, le sucre colonial, et le trop peu de miel.

 

* L'introduction des prairies articielles et des betteraves dés le XIX° a permi de “rompre le cycle infernal de la jachère”.

En effet ces cultures assuraient l'alimentation des gros animaux, qui produisaient plus de fumier qui enrichissait le sol par la suite.

Il devenait donc inutile de laisser la terre se reposer, 1 an sur 3 en pratiquant un assolement triennal. En 1950 / 60, tous les sols étaient cultivés chaque année.

 

* Historiquement, quand les animaux allaient pâturer sur les grèves de Loire, ou dans les chemins, ils rentraient à la ferme l’estomac plein. Là, ils déposaient leurs excréments permettant un enrichissement gratuit du fumier, alors le seul fertilisant utilisé. C’était un argument majeur pour la préservation de ce droit de pacage sur les grèves qui a valu bien des querelles, des actions en justice à Léré, Sury, Beaulieu...

 

Quelques cultures de plantes industrielles étaient pratiquées, telles :

 

* Le chanvre textile (= Canabis sativa) à ne pas confondre avec le chanvre indien (= Canabis indica), qui lui favorise la rencontre avec des éléphants roses, était cultivé dans les chenevières = chanvrières.

Le cadastre napoléonien en signale une vers la place Prudent Cholet, l'acte notarié, d'achat d'une modeste maison de la rue des écoles aussi.

 

Semé au printemps, il développe une forte végétation. Après récolte, les plantes étaient immergées, mises à rouir dans l’eau pendant 10 jours et ainsi permettre la décomposition des tissus gainant les précieuses fibres, mais en libérant une odeur épouvantable. Suivait un temps pour le séchage, puis le fertier ( un habitant de Sury a déclaré cette profession), intervenait pour éliminer cette espèce de boue sèche, libérer les fibres de leur gangue, produire la filasse, qui peignées, filées, tissées, devenaient des toiles pour la maison, des voiles pour les bateaux de Loire ou de mer, ou des cordes, à destination de l'agiculture (longes, licous), et des bateaux.

Un cordier , non pas un cordelier (= religieux franciscain) est signalé à Sancerre.

 

Le déclin de la batellerie de Loire, consommatrice de variétés robustes mais grossières, la concurence avec du chanvre importé plus fin, moins cassant, et  des fibres exotiques (jute, sisal, coton) ont entraîné la réduction de la culture  dès  le milieu du XIX°, puis son abandon, ici. Ses sous-produits, déchets pour allumer le feu, huile pour alimenter les lampes seront remplacés,

 

Le hameau de Chaumière, Chènevière, le premier rencontré en allant à Beaulieu tire son nom du chanvre, à Marseille la cannebière également.

Toujours grace aux fouilles archéologiques préventives de l'A19, prés de Sceaux du Gâtinais, on sait que nos ancêtres de l'âge de fer, cultivaient et rouissaient le chanvre.

 

 

* Le tabac gris a été une importante source de revenus. Cette culture exigeante en main d’œuvre, semis en coffres remplis de terreau désinfecté à la chaleur, les graines dispersées et réparties dans l'eau d'un arrosoir,  sous chassis, repiquage, écimage pour éviter un allongement excessif, récolte des feuilles basses puis des moyennes…

Certains cueilleurs prenaient la couleur hâlée d’un mégot mouillé ! puis les enfiler sur une ficelle, espacer, mettre à sécher au grenier en l’absence de séchoir, décrocher, trier, botteler, soumettre à l’expert…

Et toujours sous la surveillance étroite, pointilleuse, des gens de la Régie qui visitaient les exploitations à midi, pendant le déjeuner, pour être certains de rencontrer l'exploitant !

 

* Culture de cornichons pour Amora, la célèbre moutarde de Dijon ; cueillette dans la rosée, sur des tiges un peu épineuses, (= ralues), passage des fruits au crible pour respecter les calibres, enfin les confier au collecteur qui les emportera vers leur destin vinaigré…

 

Une dépêche de l'AFP de juillet 2015, signale que suite à la fermeture de l'entreprise Amora-Maille en 2009, la culture a cessé dans l'Yonne, berceau de cette activité. Il ne resterait plus qu'un producteur qui en respectant la recette traditionnelle de conservation dans le vinaigre, sans conservateur, est devenu le fournisseur des épiceries fines, et a conquis les cuisines de chefs de renom, dont celle de l'Elysée.

Les fruits des conserves ordinaires des industriels proviennent d'Inde ou de Chine. Le climat y autorise 3 récoltes par an, la main d'oeuvre est bon marché, et probablement que l'on est moins attentif à l'usage des pesticides !

C'est un exemple de reconvertion d'activité pour Belleville, d'ouverture d'un atelier pour les personnes en recherche d'emploi.

 

 

 

*La culture de l'oeillette, le pavot blanc, une forme du Papaver somniferum a été une réalité pour produire une huile comestible, des tourteaux pour le bétail. Ses tiges sèches denenaient un combustible, ou  étaient placées sous les meules pour les isoler de l'humidité du sol, ainsi qu'en couverture de celles-ci.

En 1852, on comptait 14 hectares dans le canton de Léré.

 

Il était plus convivial de récolter des fruits classiques.

 

* Les châtaignes, contribuant largement à l’alimentation familiale hivernale, bouillies ou « guernelées« = grillées. Au lieu dit Les Beaudoires, zone hors remembrement, un, voire plusieurs propriétaires en indivision ne possédaient qu'un seul châtaignier !

 

A plusieurs reprises, des revues de botanique ou d'agriculture, tel le “Journal des Viticulteurs” de mars 1905, indiquent la présence à Sancerre, sur un sol sans calcaire libre, d'un gros châtaignier, 10 mètres de circonférence à hauteur d'homme, pas au

pied, pas à l'empattement, soit plus de 3 m de diamètre, d'un âge estimé de 1000 ans !

A Belleville, sans rivaliser avec cet arbre d'exception, sur les coteaux les châtaigniers imposants n'étaient pas rares et contribuent encore à structurer le paysage.

Mais les plantations les plus importantes eurent lieu à Léré, Santranges et Savigny. Ainsi, dans le Cher, en 1882, on a récolté plus de 13 000 hl de châtaignes !

 

 

* Prunes : Agen est bien loin mais curieusement pendant la période révolutionnaire, on demanda aux bellevillois de préparer des pruneaux destinés aux marins de la « royale », concentré d’énergie se conservant bien ou problème de transit à résoudre?

A partir de quelle variété de prunes, la Sainte Catherine ?

 

*Les noyers : leur production a conduit à l’installation d’un pressoir à huile, préservé par le jazz club. Était-il réservé aux noix = callons ou au contraire disponible pour le pressage d’oléagineux variés (colza, oeillette, chenevis)?

On commençait par étaler uniformément une couche de cerneaux dans une auge circulaire, faute d'esclaves, un âne, en tournant entrainait une meule circulaire et verticale qui broyait les fruits. Comme le mouvement était dû à un animal, on parle de moulin à sang. Suivait l'évaporation de l'eau présente dans l'amande par grillage, puis le pressage, l'huile obtenue reposait pendant une semaine avant d'être conditionnée.

Les restes de cerneaux, comblaient les enfants pour le goûter, et les bestiaux sous le nom de tourteau. Deux kilos de noix fournissait un litre d'huile.

 

Ouvrir (= délire, délier , libérer les cernaux des coques) avait lieu en soirée , entre voisins, amis, un moment convivial, l’occasion d’embrasser sa voisine si on trouvait une aronde, une noix dont la coque n’est pas fissurée sur tout son périmètre…

Les coques soigneusement conservées servaient à allumer le feu.

 

Les noyers ont quasi disparu, ont-ils été transformés en crosse de fusil pendant les guerres ? Pendant la période révolutionnaire,un délégué du Comité de Salut Public a été nommé pour s'occuper spécialement des noyers.

 

A l’école, la maîtresse, véritable « hussard-noir » austère, inspectait l’état des mains. Ceux qui les avaient tachées par le brou, étaient conduits au lavabo alors que le jeudi ou le dimanche, ils avaient aidé les parents…navrant, cela ne relevait pourtant pas de l'hygiène corporelle.

Toujours en 1882, dans le Cher, 3000 hl  d'huile de noix sont sortis des moulins. Avec le chanvre et les laines, elle était dans le peloton de tête des productions agricoles en Berry en 1726.

Enfin, pommes, poires, cormes (Sorbus domestica),  étaient récoltées, conservées, transformées, y compris par séchage au four : les dagnettes. Rue du stade, une cormeraie figure au cadastre. N'ignorons pas la récolte des prunelles, aprés les premières gelées, des nèfles, des alises, alors que les mûres et les gratte-cul = cynorrhodons n'étaient pas courus.

Immergés dans l'alcool, ces fruits devenaient la base aromatique de bien des liqueurs...

 

 

 

Posté par JPP Belleville à 18:04 - Commentaires [0] - Permalien [#]